L’invité du Soir 3 : Michel Eltchaninoff revient sur les fake news

Comme chaque jeudi pour la rubrique Réflexion faite, le rédacteur en chef de Philosophie Magazine, Michel Eltchaninoff, vient donner son point de vue sur un sujet d’actualité. Ce soir, il revient sur les fake news.

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La loi sur les fake news est en discussion à l’Assemblée nationale, l’idée étant de renforcer les sanctions contre ceux qui propagent de fausses informations. Ceux qui sont contre dénoncent des risques pour la liberté d’expression ? Faire confiance aux faits bruts suffit-il à faire une vérité ? Michel Eltchaninoff, rédacteur en chef de Philosophie Magazine, répond.
"D’un côté il y a ceux qui disent, attention il va y avoir atteinte aux libertés (…) imaginons qu’un gouvernement devienne autoritaire, c’est lui qui va décider ce qui est vrai et faux, cela rappelle l’univers totalitaire décrit par George Orwell dans 1984". Et d’ajouter : "De l’autre côté, il y a ceux qui disent que le projet de loi n’est pas assez vigoureux (…) la définition est alambiquée", explique-t-il.

L’exemple de Nietzche

Tout le monde peut-il s’emparer de la vérité ? "Il n’y a plus vraiment quelque chose de solide pour définir une fake news", précise Michel Eltchaninoff. Alors, comment les définir ? "Les faits, c’est ce qu’il y a de solide et d’objectif, mais c’est ambigu. Nietzche expliquait que la vérité des faits n’était pas si simple. Avant lui, on disait que ‘ce que je dis’ correspond à ce qui existe. Lui dit ‘non’. Le fait est compliqué à établir, ce qui compte c’est l’interprétation des choses. (…) Le fait n’existe pas, ce qui compte c’est la manière dont je le vois, dont je l’interprète, dont je le saisis, et finalement c’est pareil par rapport aux fake news. On est face à une multitude d’interprétations des faits.", rappelle Michel Eltchaninoff.

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