Manifestations en Algérie : Facebook et "les réseaux sociaux ont joué un rôle déterminant"

En Algérie, 21 millions de personnes ont un compte Facebook.

Photos sur la page Facebook \"1, 2, 3 viva l\'Algérie\".
Photos sur la page Facebook "1, 2, 3 viva l'Algérie". (CAPTURE D'ÉCRAN)

De nombreux Algériens manifestent régulièrement depuis la semaine dernière contre une nouvelle candidature à la présidentielle d'Abdelaziz Bouteflika, qui brigue un cinquième mandat. La contestation est née sur les réseaux sociaux. L'Algérie possède 40 millions d'habitants et 21 millions de comptes Facebook.

Le site fondé par Mark Zuckerberg est principalement utilisé dans le pays pour mener la fronde. On y trouve notamment une page intitulée "1, 2, 3 viva l'Algérie" et qui informe plus de 800 000 personnes. Un rappeur appelle aussi à manifester : il est suivi par 6 millions de fans. Dès la veille du premier rassemblement, le régime, inquiet, a procédé à des coupures d'Internet, ce qui n'a pas empêché les Algériens de sortir dans la rue et de brandir leurs téléphones, comme des armes de propagation massive.

Les forces de l'ordre dépassées

D'après le sociologue Arab Izarouken, installé à Alger, "les réseaux sociaux ont joué un rôle déterminant. Avec Internet, le don d'ubiquité est multiplié". En Algérie, c'est surtout grâce aux smartphones que l'on surfe. Ces téléphones étant équipés d'appareils photo, ce sont des milliers de caméras qui retransmettent les manifestations en direct sur les réseaux sociaux. Saïd Boudour, militant des droits de l'Homme à Oran, a pu constater lors du dernier rassemblement que les forces de l'ordre étaient dépassées : "Les policiers ont essayé d'interdire aux gens de filmer. Mais ils étaient des milliers dans les rues, alors ils ont évité de provoquer les manifestants".

Pour la dernière présidentielle en 2014, les réseaux sociaux existaient déjà en Algérie, mais la situation économique était alors meilleure et le ras-le-bol pas encore à son comble.