Malgré la nouvelle législation européenne, Facebook et Google poussent les utilisateurs à partager leurs informations

En proposant des paramétrages par défaut "intrusifs", le réseau social et le moteur de recherche laissent peu de choix en matière de confidentialité, selon le Conseil norvégien des consommateurs.

Le logo de Facebook le 7 juin 2018.
Le logo de Facebook le 7 juin 2018. (ALEXANDER POHL / NURPHOTO / AFP)

La nouvelle législation européenne n'a apparemment rien changé. Facebook et Google poussent toujours les utilisateurs à partager leurs informations, estime l'étude d'une agence gouvernementale, le Conseil norvégien des consommateurs, publiée mercredi 27 juin. Les données ont été collectées entre mi-avril et début juin, quelques semaines après l'entrée en vigueur du nouveau Règlement européen sur la protection des données personnelles (RGPD).

En proposant des paramétrages par défaut "intrusifs", le réseau social et le moteur de recherche laissent peu de choix en matière de confidentialité, selon ce rapport. Le Conseil norvégien des consommateurs va plus loin et relève que les réglages proposés par les deux géants américains contreviennent au RGPD, même après son entrée en vigueur le 25 mai.

Des réglages "souvent cachés"

"Ces sociétés nous manipulent pour que nous partagions des informations sur nous-mêmes", estime le directeur des services numériques du Conseil, Finn Myrstad. C'"est en contradiction avec les attentes des consommateurs et l'intention du nouveau règlement", souligne l'étude. Les réglages plus favorables à la confidentialité "nécessitent plus de clics et sont souvent cachés".

"Dans de nombreux cas, les services cachent le fait que les utilisateurs ont très peu de choix réels et que le partage complet de données est accepté simplement en utilisant le service", résume l'étude. "Cela dénote un manque de respect pour leurs utilisateurs et contourne le principe de laisser aux consommateurs le contrôle de leurs données personnelles", souligne Finn Myrstad.