Facebook va verser 52 millions de dollars à ses modérateurs de contenus traumatisés par des images violentes

Ils reprochent au réseau social de ne pas protéger correctement ses employés (directs ou via des sous-traitants) chargés de retirer les contenus qui enfreignent les règles de la plateforme.

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France Télévisions
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Le logo de Facebook se reflète dans l'œil d'une femme à Rennes (Ille-et-Vilaine), le 12 janvier 2020. (DAMIEN MEYER / AFP)

Facebook met la main à la poche. Le réseau social a accepté de payer 52 millions de dollars (environ 48 millions d'euros) aux modérateurs de contenus en guise de compensation pour les problèmes de santé mentale que leurs tâches peuvent provoquer. Deux cabinets d'avocats, qui ont conseillé les plaignants dans le cadre d'une action de groupe en justice, l'ont annoncé mardi 12 mai.

Ces deux cabinets reprochent à Facebook de ne pas protéger correctement ses employés (directs ou via des sous-traitants) chargés de retirer les contenus qui enfreignent les règles de la plateforme. La plainte originelle avait été déposée devant un tribunal californien en septembre 2018, au nom de Selena Scola, une ancienne modératrice qui affirmait avoir développé un syndrome de stress post-traumatique après 9 mois passés à regarder régulièrement des images violentes.

Selon l'accord signé avec le groupe américain, plus de 11 000 modérateurs de Facebook aux Etats-Unis, anciens et actuels, vont recevoir au moins 1 000 dollars (922 euros) chacun. Ceux qui ont été diagnostiqués avec des troubles spécifiques percevront des sommes supplémentaires pour payer leurs frais médicaux (jusqu'à 50 000 dollars, soit 46 000 euros).

Images de viols, de torture, de meurtres

"Tous les jours, les utilisateurs de Facebook diffusent des millions d'images ou de vidéos en direct d'abus sexuels sur des enfants, de viols, de torture, de bestialité, de décapitations, de suicides et de meurtres", relatait la plainte. Et d'ajouter : "Pour maintenir une plateforme aseptisée, maximiser ses profits déjà conséquents et soigner son image publique, Facebook se repose sur des personnes comme Selena Scola pour visionner ces posts et retirer tous ceux contraires à ses règles."

"Nous sommes reconnaissants aux personnes qui font ce travail important pour faire de Facebook un environnement sûr pour tout le monde", a réagi Facebook, sans reconnaître les allégations de la plainte. "Nous nous engageons à leur fournir les soutiens supplémentaires prévus par cet accord et plus à l'avenir." L'accord prévoit en effet que Facebook et ses sous-traitants fournissent aux modérateurs des sessions de soutien psychologique avec des thérapeutes et de meilleurs outils pour améliorer leurs conditions de travail.

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