Facebook dégringole en Bourse dans la foulée de la polémique autour de l'utilisation des données personnelles

La société Cambridge Analytica, qui travaillait pour la campagne de Donald Trump, a pu créer les profils psychologiques de 50 millions d'usagers à partir d'une application qui s'affichait sur Facebook comme une application de test de personnalité, ont révélé des médias anglo-saxons. 

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Le logo de Facebook apparaît sur l'écran d'un trader à la Bourse de New York (Etats-Unis), le 17 mai 2012.  (EMMANUEL DUNAND / AFP)

La polémique fait plonger l'action Facebook. Lundi 19 mars, le réseau social dégringole en Bourse après la révélation de l'utilisation des données personnelles de millions d'utilisateurs par une société liée à la campagne électorale de Donald Trump. Vers 19 heures, heure de Paris, le titre Facebook avait chuté de 6,5% à 173,06 dollars.

La société Cambridge Analytica, qui a travaillé pour la campagne présidentielle de Donald Trump en 2016, est accusée d'avoir recueilli, sans leur consentement, les informations personnelles de dizaines de millions d'usagers du réseau social, selon une enquête du Guardian (lien en anglais) et du New York Times (lien en anglais). En Europe et aux Etats-Unis, de nombreuses voix exigent des investigations. 

"C'est une brèche énorme sur laquelle il convient d'enquêter. Il est évident que ces plateformes [technologiques] ne peuvent se réguler elles-mêmes", a lancé sur Twitter la sénatrice démocrate Amy Klobuchar, qui demande que le patron de Facebook, Mark Zuckerberg, mais aussi ceux de Google et Twitter soient auditionnés par le Congrès américain. Au Royaume-Uni, le parlementaire Damian Collins a lui aussi indiqué qu'il exigerait des explications auprès de Facebook comme de Cambridge Analytica. "Nous avons demandé à plusieurs reprises à Facebook de dire comment les entreprises [tierces] achetaient et détenaient les données (...), et en particulier si des données avaient été récupérées sans le consentement des utilisateurs", a-t-il écrit. "Leurs réponses ont systématiquement sous-estimé ce risque et étaient fallacieuses", a-t-il asséné.

Bientôt de nouvelles lois sur les données privées 

Selon l'enquête, Cambridge Analytica a pu créer les profils psychologiques de 50 millions d'usagers à partir d'une application qui s'affichait sur Facebook comme "une application de recherche utilisée par les psychologues". Elle proposait de payer les utilisateurs pour remplir des tests de personnalité. Si Cambridge Analytica nie avoir utilisé ces informations à des fins malveillantes, Facebook a pour sa part réfuté l'idée d'une brèche et laisse penser que le problème ne concernerait qu'un bien plus petit nombre d'utilisateurs.

Or, Facebook et les autres groupes technologiques vont bientôt devoir composer avec les nouvelles lois sur les données privées, comme le règlement européen général sur la protection des données en mai, souligne David Carroll, enseignant à la Parsons School of Design. "Facebook et Google vont devoir demander à leurs utilisateurs bien plus d'autorisations pour utiliser leurs données", dit-il, "et beaucoup de gens refuseront, donc je pense que cela aura un énorme impact sur ces entreprises", ajoute l'enseignant.