La Cnil veut des "investigations complétaires" sur le bug Facebook

La commission a rencontré pendant plusieurs heures mardi, des responsables français du groupe américain pour faire la lumière sur le prétendu bug survenu la veille sur le réseau social. 

Les cinq pays où les connexions au site sont les plus nombreuses actuellement sont le Brésil, l\'Inde, l\'Indonésie, le Mexique et les Etats-Unis.
Les cinq pays où les connexions au site sont les plus nombreuses actuellement sont le Brésil, l'Inde, l'Indonésie, le Mexique et les Etats-Unis. (MARTIN BERNETTI / AFP)

INTERNET - Bug ou pas bug ? Le fin mot de l'histoire n'est pas pour tout de suite. La Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil) a jugé, mardi 25 septembre, que des "investigations complémentaires" étaient nécessaires pour déterminer si des messages privés ont oui ou non été rendus publics lundi sur Facebook.

La faute au mode "journal" ?

L'autorité, chargée de veiller à la protections des données personnelles dans le domaine informatique, a rencontré dans l'après-midi la direction française du groupe américain pour faire la lumière sur un éventuel dysfonctionnement de la confidentialité. Selon la Cnil, "il apparaît également que la généralisation de la nouvelle fonctionnalité 'Timeline' [le journal], rendant plus facilement accessibles des messages anciens, a participé de la confusion des utilisateurs, lesquels sont de plus en plus conscients de la nécessité de protéger leur vie privée en ligne".

Elle rappelle que le but de l'audition était "de clarifier les conditions et la portée de cette mise en ligne", et indique que "des contacts avec des représentants de Facebook à l'étranger ont aussi été entrepris".

La Cnil et Facebook, une méfiance de longue date

La commission, qui a précisé dès 2009 les règles applicables aux réseaux sociaux"rappelle qu'elle a attiré, à de nombreuses reprises, l'attention des réseaux sociaux, sur l'importance d'une plus grande transparence." 

Le site de Mark Zuckerberg fait l'objet de la plus grande attention de la part de l'autorité. Ainsi, la Cnil a volontairement omis de mentionner Facebook dans son dernier communiqué sur les réseaux sociaux mettant en place des mécanismes de protection de la vie privée. Le site spécialise Numerama rappelle d'ailleurs que "Facebook est impliqué dans de nombreuses controverses liées à la confidentialité des données personnelles. Ce n'est que par la médiatisation des polémiques que le réseau social a progressivement revu sa politique, sans jamais satisfaire toutes les demandes." 

En janvier 2011 déjà, et alors que plusieurs cas de licenciements suite à la publication de commentaires compromettants lui avaient été rapportés, la commission appelait "les utilisateurs de Facebook à la plus grande vigilance vis-à-vis des contenus qu’ils diffusent sur leurs pages, et des personnes qui peuvent y accéder""De manière générale, on ne dit pas, la même chose à sa famille, à son ami d’enfance, à son collègue de bureau ou à son patron. Sur Facebook, il faut adopter les mêmes réflexes", recommandait encore la Cnil. Un sage conseil, se disent aujourd'hui de nombreux utilisateurs.