Amazon va déclarer ses revenus et payer ses impôts en France

Le groupe américain de distribution a déjà commencé à le faire au Royaume-Uni, en Allemagne, en Espagne et en Italie. 

Un employé prépare un colis dans un centre Amazon, à Peterborough (Royaume-Uni), le 28 novembre 2013.
Un employé prépare un colis dans un centre Amazon, à Peterborough (Royaume-Uni), le 28 novembre 2013. (ANDREW YATES / AFP)

Amazon va bientôt devoir passer à la caisse. Le groupe américain de distribution, qui a commencé à déclarer ses revenus au Royaume-Uni, en Allemagne, en Espagne et en Italie, va bientôt le faire en France, indique une déclaration transmise mardi 26 mai. Résultat : il sera obligé de payer des impôts dans l'Hexagone. 

"Depuis le 1er mai", le groupe comptabilise ses ventes à partir de branches nationales dans quatre pays européens, et non plus à partir du Luxembourg, comme il le faisait auparavant. Jusque-là, Amazon usait d'une pratique d'optimisation légale mais contestée, qui permettait de réduire sa facture fiscale. Le groupe précise travailler à l'ouverture d'une filiale en France.

Dans le viseur de l'Europe pour ses montages fiscaux

Amazon fait partie des grandes entreprises dans le collimateur de Bruxelles en raison de montages fiscaux au Luxembourg et ailleurs, comme Apple en Irlande, Starbucks aux Pays-Bas ou Fiat au Luxembourg. La Commission européenne s'était, dans un premier temps, engagée à conclure ces procédures, pouvant à terme conduire à des sanctions contre les Etats mis en cause, à la fin du deuxième trimestre 2015.

"Ce délai ne sera pas tenu", a prévenu début mai la commissaire européenne à la Concurrence, se refusant à fixer un nouveau calendrier. Elle a invoqué la complexité des vérifications à mener et la nécessité pour la Commission de ne pas prêter le flanc à des contestations.

Les pratiques d'optimisation fiscale, en place depuis des années, sont devenues de plus en plus impopulaires à mesure que les Etats européens se sont retrouvés confrontés à des situations budgétaires délicates, provoquées notamment par la crise de la dette souveraine.