L'assurance chômage sera réformée sans ordonnances, assure la ministre du Travail

Muriel Pénicaud a accordé un entretien au "Parisien" daté de vendredi. Elle annonce notamment que le gouvernement ira "plus loin" que les partenaires sociaux sur l'indemnisation chômage des démissionnaires.

La ministre du Travail Muriel Pénicaud à l\'Elysée, à Paris, le 12 janvier 2018.
La ministre du Travail Muriel Pénicaud à l'Elysée, à Paris, le 12 janvier 2018. (STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)

La ministre du Travail, Muriel Pénicaud, promet que l'assurance chômage sera réformée sans légiférer par ordonnances, contrairement au Code du travail, dans une interview publiée jeudi 1er mars sur le site du Parisien. Elle présente une réforme qui suit dans ses grandes lignes les termes de l'accord conclu le 22 février par les syndicats et le patronat.

"Nous sommes en phase avec le texte de l'accord", déclare la ministre. Concernant notamment la lutte contre les contrats précaires, "nous allons respecter ce que les partenaires sociaux ont prévu dans leur accord", assure-t-elle. Celui-ci demande aux branches professionnelles de réduire, par la négociation, le recours aux contrats courts. Le texte prévoit aussi une indemnisation pour les salariés qui démissionnent en vue d'une reconversion professionnelle.

Les démissionnaires indemnisés comme les autres

La ministre annonce que le gouvernement ira "plus loin" que les partenaires sociaux sur l'indemnisation chômage des démissionnaires, avec un droit mobilisable "tous les cinq ans" au lieu de sept. 

Autre différence : ce nouveau droit sera mobilisable par un démissionnaire souhaitant "créer son entreprise". Après l'avoir un temps envisagé, les partenaires sociaux avaient, eux, retiré cette possibilité de leur texte final.

En revanche, la ministre valide la proposition des partenaires sociaux d'indemniser les démissionnaires dans "les mêmes conditions que n'importe quel chômeur", alors qu'elle tablait initialement sur un droit minoré. Avec les critères retenus par le gouvernement, la mesure concernerait "entre 20 000 et 30 000 personnes par an" et coûterait "quelques dizaines de millions d'euros supplémentaires" par rapport aux 180 millions budgétés par les partenaires sociaux.