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Vivendi: Messier renvoyé en correctionnelle

Jean-Marie Messier et six anciens hauts responsables ont été renvoyés en correctionnelle à Paris le 16 octobre
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Jean-Marie Messier (8h du 23/10/2009). (© France 2)
Jean-Marie Messier et six anciens hauts responsables ont été renvoyés en correctionnelle à Paris le 16 octobreJean-Marie Messier et six anciens hauts responsables ont été renvoyés en correctionnelle à Paris le 16 octobre

Motif: des malversations présumées chez Vivendi Universal.

Cette décision survient alors que l'ex-PDG du groupe comparaît depuis début octobre devant un tribunal de New York dans une procédure parallèle engagée par de petits actionnaires portant sur les mêmes faits. J2M, qui dirige une société de conseil, s'est toujours dit innocent.

Dans son ordonnance du 16 octobre motivant sa décision contraire au réquisitoire de non-lieu général délivré par le parquet, le juge Jean-Marie d'Huy estime que Jean-Marie Messier doit être jugé des chefs de diffusion d'informations fausses ou trompeuses, de manipulation de cours et d'abus de biens sociaux, passibles de cinq ans de prison et de fortes amendes, a-t-on appris jeudi de sources proches du dossier.

L'ancien pdg de Vivendi Universal est notamment soupçonné d'avoir diffusé au public des "informations fausses ou trompeuses" sur le niveau d'endettement du groupe lors de la fusion entre Canal+ et Seagram en 2001, qui avait fait du groupe le numéro deux mondial de la communication et des médias.

Le juge considère également que M.Messier a commis un abus de bien social pour s'être fait octroyer "sans approbation préalable du conseil d'administration", un parachute doré de 20,5 millions d'euros. Son avocat, Me Olivier Metzner, a dénoncé une ordonnance "totalement invraisemblable", regrettant qu'il soit renvoyé pour le chef d'abus de biens sociaux alors qu'il "a renoncé à percevoir son parachute doré".

Alors qu'il développait une communication euphorique sur sa situation au début des années 2000, Vivendi s'était retrouvé assommé de dettes et confronté à une crise de liquidités et de défiance des marchés financiers. J2M avait été contraint de démissionner en juillet 2002.

Le juge renvoie également devant le tribunal l'homme d'affaires canadien Edgar Bronfman Jr, vice-président exécutif de Vivendi Universal, pour délit d'initiés. Sont également renvoyés en correctionnelle l'ancien directeur financier du groupe, Guillaume Hannezo, pour diffusion d'informations fausses ou trompeuses, complicité de manipulation de cours et délit d'initié, l'ancien directeur général Eric Licoys pour abus de biens sociaux et trois autres anciens hauts-responsables du groupe.

L'Association des Petits Porteurs Actifs, représentant les actionnaires minoritaires, qui avait déposé la plainte à l'origine de l'enquête s'est félicitée de la décision du juge d'instruction.

Depuis début octobre, le groupe - dont la nouvelle direction s'est portée partie civile dans l'enquête française - et plusieurs de ses anciens dirigeants, dont M.Messier, font l'objet d'un procès en action collective à New York pour les mêmes faits. S'ils étaient reconnus coupables, ils pourraient être amenés à dédommager les milliers d'actionnaires pénalisés par l'effondrement du titre.

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