Etre enfant unique dans une famille riche aide à mieux réussir

Une étude suédoise affirme que la réussite sociale est liée à la taille de la famille.

Le 19 décembre 1962, la famille du pompiste Marcel et de sa femme pose après avoir reçu le prix Cognacq-Jay récompensant les familles nombreuses.
Le 19 décembre 1962, la famille du pompiste Marcel et de sa femme pose après avoir reçu le prix Cognacq-Jay récompensant les familles nombreuses. (AFP)

SOCIETE - Une famille nombreuse entrave-t-elle la réussite sociale ? "Une faible fertilité et un haut niveau socio-économique déterminent une meilleure réussite socio-économique pour la descendance sur quatre générations", assure une étude publiée mercredi 29 août par des chercheurs britanniques et suédois dans la revue Proceedings of the Royal Society B (article en anglais). En clair, venir d'une famille aisée et avoir peu de frères et sœurs donne plus d'atouts.

Ces universitaires ont eu l'idée d'analyser les données d'une vaste enquête "multi-générationnelle" réalisée en Suède sur 14 000 personnes nées entre 1915 et 1929 et sur leur descendance, avec un suivi sur quatre générations. Les chercheurs ont pu vérifier ce qu'on pouvait deviner intuitivement : un faible nombre d'enfants et un milieu socio-économique supérieur déterminent en grande partie la réussite des générations futures d'une famille. Rares sont les enfants pauvres issus de familles nombreuses à percer sur le plan social et économique.

Limiter le nombre d'enfants profite surtout aux riches

"La faible fertilité des parents et un haut niveau socio-économique induisent des notes plus élevées à l'école, un meilleur parcours éducatif et des revenus supérieurs", selon l'article. La relation entre le nombre d'enfants et la réussite future est plus marquée lorsque le milieu social de départ est élevé, souligne un des trois chercheurs qui signent cette étude.

"L'une des choses les plus intéressantes que nous ayons trouvées est que le fait d'être d'une famille initialement riche rend le bénéfice d'avoir peu d'enfants encore plus grand" pour les générations futures, explique le Dr David Lawson de l'University College London (UCL). "Par opposition, les foyers pauvres tirent relativement peu de bénéfices à limiter le nombre d'enfants" en termes de réussite future pour la descendance, explique-t-il. C'est "peut-être" parce que le succès des enfants des familles pauvres est alors déterminé par des facteurs "plus vastes de société" et non pas essentiellement par l'investissement consenti par les parents et par une question d'héritage, indique-t-il.