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Une plainte a été déposée par le ministère de l'Intérieur français lundi contre la société internet Mailorama.fr

Déposée auprès du procureur de Paris, cette plainte pourrait s'accompagner d'autres désagréments pour la société mise en cause."J'ai effectivement décidé de présenter la facture (...). Il n'est pas question que ce soit le contribuable qui paye" a déclaré le minsitre de l'Intérieur, Brice Hortefeux.
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Une voiture retournée après l'annulation d'une distribution d'argents faite par un annonceur à Paris, le 14/11/2009 (France 3)

Déposée auprès du procureur de Paris, cette plainte pourrait s'accompagner d'autres désagréments pour la société mise en cause.

"J'ai effectivement décidé de présenter la facture (...). Il n'est pas question que ce soit le contribuable qui paye" a déclaré le minsitre de l'Intérieur, Brice Hortefeux.

Il a annoncé par ailleurs qu'il entendait faire voter une réforme faisant de la distribution d'argent liquide un délit puni de six mois de prison et non plus une contravention passible d'une amende de 150 euros. Cette réforme serait adoptée sous forme d'amendement à un projet devant être examiné en début d'année prochaine au Parlement, a-t-il précisé.

La ministre de la Justice, Michèle Alliot-Marie, avait laissé entendre durant le week-end qu'une plainte n'était pas juridiquement possible. "Nous travaillons en totale confiance", a assuré Brice Hortefeux.

Les autorités accusent Mailorama d'avoir provoqué les incidents par une démarche jugée irresponsable en pleine crise économique.

L'avocat de Mailorama, Me Jean-Marc Fedida, a estimé de son côté que la préfecture de police était responsable des incidents car elle
avait tardé à annuler la manifestation, d'abord autorisée, et n'avait pas rempli sa mission de maintien de l'ordre. "Oui, l'opération était provocatrice, oui, elle était insolente. En utilisant le vecteur de l'argent, il y avait quelque chose qui dérangeait les habitudes. Mais Mailorama n'est pas l'inventeur de ce concept", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse.

Les faits
L'opération, qui aurait consisté à distribuer aux passants à partir d'un bus des "bourses" contenant entre cinq et 500 euros, pour un total de 40.000 euros, avait été déclarée en préfecture le 10 novembre, a dit Me Fedida. Celle-ci avait annoncé d'éventuelles contraventions en vertu de l'article R. 642-4. qui stipule que "le fait d'utiliser comme support d'une publicité quelconque des pièces de monnaie ou des billets de banque ayant cours légal en France ou émis par les institutions étrangères ou internationales habilitées à cette fin est puni de l'amende prévue pour les contraventions de 2e classe" d'un maximum de 150 euros.

Le dispositif policier mis en place près de la tour Eiffel pour contenir la foule a été rapidement débordé, des magasins ont été vandalisés, des vitrines brisées et des véhicules endommagés. Pour l'avocat, "tout cela n'a pas été suffisamment anticipé et prévu par les personnes qui sont en charge du maintien de l'ordre à Paris". Il estime qu'il n'y a pas de délit qui puisse être retenu contre Mailorama.

Suite aux incidents, plusieurs personnes ont été interpellées. Deux d'entre elles seront jugées en correctionnelle pour dégradations le 13 janvier, un troisième suspect, mineur, comparaîtra devant un tribunal pour enfants, a-t-on appris de source judiciaire.

Parmi les administrateurs de Rentabiliweb, Alain Madelin et Jean-Marie Messier
Un site commercial avait annoncé une distribution de billets de 5 à 500 euros au pied de la Tour Eiffel, samedi, de 11h à 14h. "Nous nous sommes aperçus que la sécurité va être difficile à assurer. Par conséquent j'ai décidé d'annuler toutes les distributions publiques d'argent pour l'instant", avait déclaré à l'AFP Jean-Baptiste Descroix-Vernier, président de la société Rentabiliweb, maison mère du site internet Mailorama.fr et qui organisait cette action. Rentabiliweb a aussi pour administrateurs Alain Madelin et Jean-Marie Messier.

"Je pense que c'est une décision sage. Je reverserai l'intégralité de la somme qui était prévue au Secours populaire dès lundi", a poursuivi M. Descroix-Vernier. Il a précisé qu'il envisageait de distribuer "environ 100.000 euros". "On ne pouvait pas prévoir qu'il y aurait tellement de monde", a estimé un autre responsable de l'entreprise.

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