Un schizophrène qui avait poignardé à mort un étudiant à Grenoble en novembre 2008 a été déclaré irresponsable

Dans leur rapport remis aux juges d'instruction mardi, des experts ont établi que la "maladie" du meurtrier présumé, atteint d'une "schizophrénie paranoïde", l'une des plus formes de schizophrénie les plus graves, avait "aboli son discernement".Les juges doivent maintenant se prononcer en faveur ou non de cette irresponsabilité pénale.

Hopital psychiatrique de Saint-Egrève, en Isère, d\'où s\'était échappé le malade avant de poignarder un étudiant.
Hopital psychiatrique de Saint-Egrève, en Isère, d'où s'était échappé le malade avant de poignarder un étudiant. (France 2)

Dans leur rapport remis aux juges d'instruction mardi, des experts ont établi que la "maladie" du meurtrier présumé, atteint d'une "schizophrénie paranoïde", l'une des plus formes de schizophrénie les plus graves, avait "aboli son discernement".

Les juges doivent maintenant se prononcer en faveur ou non de cette irresponsabilité pénale.

Le 12 novembre 2008, Jean-Pierre Guillaud, déjà auteur de plusieurs agressions à l'arme blanche pour lesquelles il avait été déclaré pénalement irresponsable, avait poignardé en pleine rue un étudiant de 26 ans, après s'être échappé de l'hôpital psychiatrique de Saint-Egrève, en Isère.

Après le meurtre, Nicolas Sarkozy avait annoncé une réforme de l'hospitalisation psychiatrique. Une information judiciaire pour homicide volontaire avait été ouverte et un collège de trois experts saisi pour se pencher sur la responsabilité du schizophrène, qui a été mis en examen et placé en unité pour malades difficiles.

Le 23 octobre dernier, l'Inspection générale des affaires sociales avait mis en cause l'équipe médicale de l'hôpital psychiatrique d'où avait fugué le patient, estimant que son "état psychiatrique aurait dû inciter les membres de l'équipe" "qui le suivait" à "une plus grande prudence et ce malade aurait dû faire l'objet d'une surveillance plus vigilante".

"Un faisceau d'arguments, qui ne pouvait être ignoré par les soignants, plaidait en faveur d'un risque réel de passage à l'acte" de M.Guillaud, avait encore souligné l'Igas selon qui la fugue, qui a conduit au meurtre, est la "conséquence d'une autorisation" de sortie donnée par l'équipe soignante au patient.