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Un quinquennat de points Godwin

Bien avant le dérapage du député Serge Letchimy à l'Assemblée mardi, nombre de ses confrères se sont vu délivrer des points Godwin pour leur(s) comparaison(s) avec le régime nazi.

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France Télévisions
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Le point commun entre Marine Le Pen (FN), Christian Estrosi (UMP), Nadine Morano (UMP) et Pierre Moscovici (PS)? Tous se sont vu décerner un point Godwin depuis 2007. (AFP PHOTO / Montage FTVi)

Et un point Godwin, un ! En accusant le ministre de l'Intérieur, Claude Guéant, de "porter une idéologie qui a donné naissance aux camps de concentration" (voir la vidéo), mardi 7 février, le député martiniquais Serge Letchimy a inscrit son nom à la (longue) liste des détenteurs de "points Godwin".

Quésako ? "La loi de Godwin tient son nom d'un certain Mike Godwin, connu pour avoir affirmé en 1990 que 'plus une discussion en ligne dure longtemps, plus la probabilité d'y trouver une comparaison impliquant les nazis ou Adolf Hitler s'approche de 1'. Attribuer un point Godwin revient à signifier à un internaute qu'il vient de se discréditer en vérifiant la loi de Godwin, et donc de ruiner la discussion", expliquent Titiou Lecoq et Diane Lisarelli dans leur Encyclopédie de la web culture (Robert Laffont, 2011). Une théorie qui s'applique finalement aussi bien à la discussion sur Internet qu'à la communication verbale.

L'incident de mardi donne l'occasion de revenir sur les dix points Godwin les plus marquants du quinquennat. 

• Carla Bruni (Première dame), le 13 février 2008, à propos d'un article du Nouvel Obs.com évoquant un SMS de Nicolas Sarkozy à son ex-femme Cécilia : "A travers son site internet, Le Nouvel Observateur a fait son entrée dans la presse people. Si ce genre de sites avait existé pendant la guerre, qu'en aurait-il été des dénonciations de juifs ?" 

• Bernard Kouchner (ministre des Affaires étrangères), le 4 février 2009, en réponse aux critiques dont il fait l'objet : "Certains réseaux me détestent. Lesquels ? Certainement les nostalgiques des années 30 et 40 et tous les révisionnistes, ceux d'hier et ceux qui, aujourd'hui, réécrivent l'histoire du génocide tutsi au Rwanda."

• Christine Albanel (ministre de la Culture), le 12 mars 2009, en dénonçant les critiques à l'égard de la loi Hadopi : "Je suis accablée par toutes les caricatures sur tous les bancs et par l’obstination qui consiste à présenter l’Hadopi comme une sorte d’antenne de la Gestapo. C’est particulièrement ridicule."

• Christian Estrosi (ministre chargé de l'Industrie), le 7 décembre 2009, en justifiant le débat sur l'identité nationale voulu par Nicolas Sarkozy : "Si, à la veille du second conflit mondial, le peuple allemand avait entrepris de s’interroger sur ce qui fonde l’identité allemande (...), alors peut-être aurions-nous évité l’atroce et douloureux naufrage de la civilisation européenne."

• Jean-François Drouard (maire UMP de Lagord, en Charente-Maritime), le 4 février 2010, en critiquant le fait que Ségolène Royal préside de "façon dictatoriale", selon lui, la région Poitou-Charentes : "C'est une dictature du prolétariat certes, mais c'est quand même une dictature. Je vous rappelle que le nazisme était aussi une dictature du prolétariat."

• Philippe Lavaud (maire PS d'Angoulême), le 10 février 2010au sujet d'"une certaine jeunesse dorée de l'UMP" "Si nous étions pendant la seconde guerre mondiale, elle ferait partie des Jeunesses hitlériennes."

• Nadine Morano (Secrétaire d'Etat chargée de la Famille ), le 6 juillet 2010, au sujet des révélations du site Mediapart dans l'affaire Bettencourt : "Ce sont des méthodes des années 30, avec des sites Internet qui utilisent des méthodes fascistes." 

• Pierre Moscovici (député PS), le 19 septembre 2010, pour évoquer la politique du gouvernement à l'égard des Roms : "On est actuellement dans un climat très pourri, très Vichy."

• Marine Le Pen (FN), le 13 décembre 2010, au sujet des prières de musulmans dans la rue : "Je suis désolée, mais pour ceux qui aiment parler de la seconde guerre mondiale, s'il s'agit de parler d'occupation, on pourrait en parler pour le coup." 

• Laurent Wauquiez (ministre de l'Enseignement supérieur), le 3 décembre 2011, pour justifier le fait de défendre prioritairement les classes moyennes : "En Allemagne, la République de Weimar est tombée et ensuite on a filé le témoin à Hitler, parce qu'on ne s'est pas occupé des classes moyennes."

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