Des parents incestueux jugés dans la Somme

Un homme est accusé de viol aggravé sur ses deux filles, qui le défendent et décrivent des relations librement consenties, avec l'approbation de leur mère.

Compiègne, dans l\'Oise, le 12 août 2012.
Compiègne, dans l'Oise, le 12 août 2012. (GIUGLIO GIL / HEMIS.FR / AFP)

Pour l'avocat du père, cité par Midi Libre, "la justice n'a pas compris le fonctionnement de cette famille". Difficile de l'en blâmer : le père est accusé de viol aggravé sur ses deux filles, aujourd'hui âgées de 29 et 31 ans. Son procès en appel s'est ouvert mercredi 14 novembre devant la cour d'appel de la Somme, à Amiens. Mais les deux filles affirment qu'il s'agit de rapports consentis et défendent leur père. L'une d'elles vit aujourd'hui en concubinage avec son père, dont elle a eu un enfant.

Lors du jugement en première instance devant la cour d'assises de l'Oise, en mai 2011, le père avait été condamné à huit ans de prison.

La famille, aisée, vivait dans "une très grande proximité"

La famille vivait dans un contexte social confortable, "dans une magnifique propriété aux alentours de Compiègne", dans l'Oise, a expliqué Me Florence Danne-Thiefine, l'avocate de la mère, condamnée à 5 ans de prison en première instance. Elle fonctionnait "de manière autarcique, comme un phalanstère post soixante-huitard, (...) c'était un peu le grand n'importe-quoi", a décrit quant à lui l'avocat du père.

Les faits sont accablants pour le chef de famille, qui aurait eu des relations sexuelles avec ses filles dès leur adolescence. La cadette serait tombée enceinte trois fois, grossesses terminées deux fois par une IVG et une fois par une fausse couche, explique Europe 1.

Les relations auraient en outre eu lieu avec la bénédiction de la mère, qui organisait elle-même le planning des rapports sexuels. La femme, qui a depuis pris ses distances avec son mari et ses filles, est jugée en même temps que son ex-mari, pour complicité de viol aggravé sur mineur de 15 ans et non-dénonciation. Les deux filles, elles, se sont portées partie civile pour avoir accès aux pièces du dossier et soutiennent leur père. Ce sont les confidences de l'une d'elles à une amie qui avaient déclenché l'enquête. Le procès se déroule à huis clos pour protéger l'enfant née de la relation incestueuse.