Un des tireurs qui ont tué deux hommes mardi à Marseille s'était déguisé en femme pour déjouer la vigilance des victimes

Les deux hommes, âgés de 29 et 31 ans, ont été abattus dans l'après-midi près des calanques, à la Cayolle, une cité sensible du sud de Marseille.Ils étaient connus de la police mais n'appartiendraient pas forcément au grand banditisme, selon le procureur Jacques Dallest.

Les policiers sur les lieux du règlement de comptes à Marseille qui a fait deux morts, le 23 août 2010
Les policiers sur les lieux du règlement de comptes à Marseille qui a fait deux morts, le 23 août 2010 (AFP/VINCENT BEAUME)

Les deux hommes, âgés de 29 et 31 ans, ont été abattus dans l'après-midi près des calanques, à la Cayolle, une cité sensible du sud de Marseille.

Ils étaient connus de la police mais n'appartiendraient pas forcément au grand banditisme, selon le procureur Jacques Dallest.

Les deux victimes se trouvaient dans un véhicule 4X4 haut de gamme au rond-point de Sormiou quand ils ont été pris pour cible par plusieurs personnes. Selon une source proche de l'enquête, un des tireurs était déguisé en femme et coiffé d'une perruque qu'il a retirée en s'enfuyant.

Dix-sept impacts de calibre 9 mm ont été relevés sur les lieux. Au moins deux armes ont été utilisées, un pistolet automatique de calibre 9 mm et un fusil à pompe.

Les victimes résidaient dans les cités de la Cayolle et Air Bel et étaient connues des services de police, notamment le conducteur, membre de la communauté turque, mais ce "ne sont pas forcément des gens qui appartiennent au grand banditisme", selon le procureur qui a lancé un appel à témoins.

Depuis le début de l'année, quatorze personnes ont trouvé la mort dans des règlements de comptes, liés pour la plupart au trafic de drogue, dans la cité phocéenne, majoritairement dans les quartiers nord. Et on aussi dénombré des tentatives de meurtre qui n'ont fait que des blessés.

Pour le procureur Dallest, ce double meurtre "en pleine journée, dans une cité fréquentée, est l'illustration d'une criminalité qui reste forte à Marseille ", avec "entre juillet et août, sept meurtres et une bonne dizaine de tentatives d'homicide", toutes causes confondues.

Une bonne partie relève de ces "flingages de cités", fruits "des haines, des rancoeurs, des représailles, des vengeances sur fond de trafic de stups où il y a de l'argent, du territoire", avait expliqué le procureur lors du précédent règlement de comptes.

Pour David-Olivier Reverdy, du syndicat de policiers Alliance, "avec quatre règlements de comptes depuis le début d'août, on assiste à une recomposition du milieu et une balance macabre entre le sud et le nord de Marseille ".