UMP, PS , FN, MoDem : après Toulouse, les accusations fusent

Après un bref moment "d'unité nationale", les candidats à la présidentielle ont recommencé, hier après-midi, à s'affronter à coups de communiqués et de déclarations assassines. 

François Hollande (au c.) et, de g. à dr. Nicolas Dupont-Aignan, François Bayrou et Marine Le Pen lors de la cérémonie d\'hommage aux militaires, à Montauban, le mercredi 21 mars 2012.
François Hollande (au c.) et, de g. à dr. Nicolas Dupont-Aignan, François Bayrou et Marine Le Pen lors de la cérémonie d'hommage aux militaires, à Montauban, le mercredi 21 mars 2012. (LIONEL BONAVENTURE / AFP)

La suspension de la campagne aura été de (très) courte durée. Mercredi 21 mars 2012, 16 heures : François Hollande, Nicolas Dupont-Aignan, François Bayrou, Marine Le Pen et Eva Joly écoutent côte à côte l’allocution de Nicolas Sarkozy durant la cérémonie d’hommage aux militaires tués par Mohamed Merah à Montauban et Toulouse.

Quelques heures après, les accusations en indignité ou en récupération politicienne ont repris de plus belles. Mais qui accuse qui de quoi ?

• L’UMP accuse le PS et le FN de récupération politicienne

C’est la première à dégainer. Valérie Rosso-Debord, déléguée générale adjointe de l’UMP, dénonce, dans un communiqué, les tentatives de Marine Le Pen et François Hollande "d'instrumentaliser ce drame à leur petit profit politicien". Pour elle, Marine Le Pen "n’est pas à une outrance près". Quant à François Hollande, qui évoque un besoin de sécurité des Français, elle fait mine de s’interroger: "Qu'a-t-il fait avec son groupe au Parlement pendant les cinq années qui viennent de s'écouler ?"

Dans un entretien publié par Le Figaro.fr, le secrétaire général de l'UMP, Jean-François Copé, qui se dit "très choqué par les tentatives pour instrumentaliser", renchérit : "Je constate qu'ils [François Hollande et ses alliés Verts] poursuivent inlassablement leur campagne sur le chemin de l'ambiguïté permanente."

• Le PS accuse l’UMP de dérapage indigne

L'équipe de campagne de Hollande réplique immédiatement. Bernard Cazeneuve, porte-parole du candidat socialiste, fustige "des dérapages indignes" qui "méritent d'être condamnés le plus fermement possible par la direction de leur parti". Et d’ajouter : "Il est regrettable que Valérie Rosso-Debord et certains de ses amis ne se soient pas conformés à cette exigence républicaine" d’unité nationale. Interviewé jeudi 22 mars 2012 sur Europe 1, le directeur de campagne de François Hollande, Pierre Moscovici, lui emboîte le pas : "J'ai trouvé ces propos d'une indignité absolue". Et d’appeler Jean-François Copé "à la décence".

Dans le même temps, Jean-Jacques Urvoas, député PS et secrétaire national du parti chargé des questions de sécurité, s'interroge sur Twitter sur les moyens engagés par le gouvernement: "Si je comprends bien, le Raid n'est donc pas capable en trente heures d'aller chercher un individu seul dans un appartement ?"

• Le FN accuse tout le monde de ne pas l’avoir écouté plus tôt

Marine Le Pen, elle, n’a pas attendu si tard. Dès mercredi matin et les premières informations concernant le profil de Mohamed Merah, la candidate du Front national reprend son offensive sur le risque d’islamisation de la société française : "Le risque fondamentaliste a été sous-estimé dans notre pays". A chacune de ses apparitions médiatiques, elle souligne "un certain laxisme" face au développement de groupes "politico-religieux".

Elle estime qu’"il faut maintenant mener cette guerre contre ces groupes politico-religieux fondamentalistes qui tuent nos enfants". Avant que Wallerand de Saint-Just, son porte-parole de campagne, ne demande "des excuses" à "Mme Buffet, MM. Mélenchon, Bayrou, Sopo et autres" en leur conseillant : "Vous devriez de toute façon vous taire pendant un long moment."

• Le MoDem accuse le FN de surfer sur la situation

De son côté, François Bayrou a critiqué l’attitude du Front national et reproche à "l’extrême-droite" de "surfer sur la situation". Le centriste, qui dès lundi soir avait dénoncé "un certain climat" qui rendait possible ce genre de faits divers, slalome: "Pour ma part, je n'ai jamais cité le nom d'aucun responsable public. Mais si la question est de savoir si je pense que l'extrémisme est une mauvaise chose dans une situation de cet ordre, la réponse est oui." Finalement, en meeting à Nancy, mercredi soir, il a réclamé un "changement de ton dans la campagne électorale"

L'équipe de Nicolas Sarkozy a annoncé, quant à elle, reprendre la campagne jeudi à 18 heures.