Cet article date de plus de dix ans.

Selon un rapport remis à la secrétaire d¿Etat à la jeunesse, les statistiques chez les 5-14 ans sont sous-estimées.

Le psychiatre Boris Cyrulnik est l"auteur de cette enquête inédite sur le suicide des enfants et des pré-adolescents, remise jeudi à Jeannette Boughrab, secrétaire d"Etat à la jeunesse. Selon lui, certains décès considérés comme accidentels s"apparentent à une forme de suicide. Résultat : le nombre de suicides chez les 5-12 ans serait sous évalué.
Article rédigé par
France Télévisions
Publié
Temps de lecture : 1 min.
Unité de prise en charge des personnes en détresse (France3 Lyon)

Le psychiatre Boris Cyrulnik est l"auteur de cette enquête inédite sur le suicide des enfants et des pré-adolescents, remise jeudi à Jeannette Boughrab, secrétaire d"Etat à la jeunesse. Selon lui, certains décès considérés comme accidentels s"apparentent à une forme de suicide. Résultat : le nombre de suicides chez les 5-12 ans serait sous évalué.

Selon l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), 37 enfants et pré-adolescents de 5 à 14 ans se sont donné la mort en 2009. L'Institut ne comptabilise aucun suicide chez les enfants de moins de 5 ans. Mais ces chiffres ne sont pas un miroir fidèle à la réalité selon Boris Cyrulnik.

« Un enfant qui se penche trop par la fenêtre ou descend d'un autobus en marche « et des adultes qui « parlent d"un accident » : c"est cette réalité-là qu"évoque le psychiatre dans son rapport. Même s"il relève que les suicides sont rares chez les pré-adolescents, Boris Cyrulnik met l"accent sur la difficulté de percevoir « la détresse d"un enfant », qui vit dans un « temps immédiat » et « a du mal à dire son mal-être. »

L'enfant "insécurisé", "seul, sans partage de la souffrance, sans aide ni possibilité de déchiffrer ce qui lui arrive, le jour où il comprend ce qu'est la mort, il se laisse prendre", écrit encore Boris Cyrulnik. On considère que les enfants commencent à comprendre ce qu'est la mort "entre 6 et 9 ans", rappelle-t-il. Alors, "une pichenette peut suffire pour passer à l'acte. Une phrase blessante, une petite frustration, une mauvaise note à l'école ou le déménagement d'un copain peuvent provoquer une déflagration exceptionnelle".

A ce constat, le psychiatre ajoute une série de recommandations, centrées autour de la prévention. Il préconise davantage de sensibilisation des personnels de la petite enfance, des infirmières et des enseignants à cette problématique. Pour ce qui est de l"école, le rapport propose une adaptation des rythmes scolaires, une notation plus tardive, une lutte contre le harcèlement.

Prolongez votre lecture autour de ce sujet

tout l'univers France

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.