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Selon un nouveau rapport d'experts, un sous-marin américain aurait pu être sur la zone du naufrage

Un nouveau rapport d'expert affirme "qu'il existe une probabilité pour qu'un sous-marin nucléaire d'attaque (SNA) américain soit impliqué dans le naufrage" toujours inexpliqué du chalutier breton Bugaled Breizh, le 15 janvier 2004.Une nouvelle audience de la cour d'appel est prévue le 1er juin.
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Bugaled Breizh

Un nouveau rapport d'expert affirme "qu'il existe une probabilité pour qu'un sous-marin nucléaire d'attaque (SNA) américain soit impliqué dans le naufrage" toujours inexpliqué du chalutier breton Bugaled Breizh, le 15 janvier 2004.

Une nouvelle audience de la cour d'appel est prévue le 1er juin.

Selon le rapporteur auprès de la cour d'appel de Rennes, Dominique Salles, ancien commandant de l'escadrille des sous-marins nucléaires lanceurs d'engins, les Etats-Unis devaient déployer un sous-marin en Manche pour surveiller discrètement des transports de matières radioactives au départ de Cherbourg.

Un convoi entre les Etats-Unis et la France étant programmé en octobre 2004, la surveillance d'une activité similaire, en janvier 2004, au profit du Japon devait permettre d'apprécier la conduite à tenir quelques mois plus tard. D'où une entrée possible en Manche dans la matinée du 15 janvier 2004, selon le scénario décrit par M. Salles et rapporté par les parties civiles.

Ces transports de matières radioactives résultaient d'un accord bilatéral Etats-Unis-Russie conclu en septembre 2000, pour éliminer du plutonium de qualité militaire en excédent par sa transformation en combustible MOX afin de l'utiliser dans les centrales nucléaires. La fabrication d'assemblages test ne pouvait être faite qu'en France.

"Il existe une raison objective justifiant la présence d'un SNA américain dans la partie Ouest de la Manche, y compris la zone du naufrage du Bugaled Breizh, le 15 janvier 2004", note l'expert, du fait que quatre jours plus tard "un mouvement de résidus nucléaires vitrifiés est prévu au départ de Cherbourg à destination du Japon".

Le 19 janvier 2004, le Pacific Sandpiper quittait Cherbourg à destination du Japon avec à son bord 132 conteneurs de déchets issus du centre de retraitement de La Hague. "C'était l'occasion pour les autorités militaires américaines de tester la sécurité sur zone", explique l'avocat des parties civiles, Maître Christian Bergot.

L'avocat s'est félicité de la conclusion du rapport "qui laisse la porte ouverte aux commissions rogatoires internationales", notamment vers les Etats-Unis, qui avaient été refusées par le juge d'instruction de Quimper.

Le Bugaled Breizh, dont les cinq marins ont péri, avait coulé en quelques minutes dans une zone au sud-ouest de la Grande-Bretagne, où se déroulaient des manoeuvres militaires de l'Otan, ainsi qu'un exercice de la Marine britannique.

Des sous-marins britanniques et néerlandais notamment ont été suspectés d'avoir joué un rôle dans le naufrage. Selon certains experts, un submersible a pu se prendre dans les câbles (funes) tirant le chalut, l'entraînant par le fond. Mais, selon d'autres experts, l'accident pourrait également provenir d'un problème technique ou d'une croche, notamment dans le sable.

Les familles réclament de longue date des investigations complémentaires estimant être confrontées dans cette affaire à "la raison d'Etat" qui entraverait, estiment-elles, la recherche de la vérité.

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