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Ségolène Royal "ne pourra pas faire gagner" la gauche en 2012, a estimé dimanche l'eurodéputé PS Vincent Peillon

Pour lui elle s'est "disqualifiée" samedi à Dijon en s'invitant aux premières rencontres du "Rassemblement social, écologique et démocrate" qu'il organisait.La présence surprise de l'ex-candidate à la présidentielle à Dijon, où des responsables du PC, du Modem et d'Europe Ecologie ont parlé d'éducation, a provoqué la colère de son ex-lieutenant.
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Le député socialiste européen Vincent Peillon à Dijon le 14 novembre 2009 (AFP - JEFF PACHOUD)

Pour lui elle s'est "disqualifiée" samedi à Dijon en s'invitant aux premières rencontres du "Rassemblement social, écologique et démocrate" qu'il organisait.

La présence surprise de l'ex-candidate à la présidentielle à Dijon, où des responsables du PC, du Modem et d'Europe Ecologie ont parlé d'éducation, a provoqué la colère de son ex-lieutenant.

Un homme en colère
J'entends Ségolène Royal dire 'je vais recadrer'. Mais il faut qu'elle se recadre elle-même", a lancé Vincent Peillon en se demandant si Ségolène Royal entendait recadrer également "les dirigeants syndicaux, du MoDem, Daniel Cohn-Bendit, François Rebsamen..."

"Je crois qu'elle voulait se recadrer dans un mouvement qui lui échappe", a estimé l'eurodéputé en rappelant l'absence de l'ex-candidate à la présidentielle à la première rencontre (le 22 août à Marseille) de son courant "L'Espoir à gauche".

Samedi à Dijon, "c'est un événement politique majeur qu'elle est venue, d'une certaine façon, abîmer et cela rend service à la droite", a dénoncé Vincent Peillon. "Tous les opposants à Nicolas Sarkozy veulent gagner ensemble en 2012 et de quoi parle-t-on ce matin ? On parle de Ségolène Royal et de la bisbille entre socialistes, c'est lamentable", a-t-il encore accusé.

Pour l'eurodéputé, Ségolène Royal, par sa venue, a "gâché la fête" à Dijon. "On fait quelque chose de très attendu, de nouveau (...) parce qu'on veut gagner en 2012. On fait travailler ensemble des communistes, des radicaux, Europe Ecologie, les Verts, le MoDem et beaucoup de socialistes", a expliqué l'eurodéputé.

"Nous avions fixé comme règle de dire à tous ceux qui pourraient être candidats à la présidentielle: 'Ne venez pas maintenant, on vous invitera un jour, laissez-nous travailler, nous rassembler et faire un projet'. Une seule personne ne l'a pas respectée, c'est Ségolène Royal", a-t-il déploré en qualifiant sa venue de "récupération".

"Longtemps, elle a fait un procès en infidélité" mais "la réalité, c'est que c'est nous qui (l')avons soutenue". "Tous ses amis s'en vont, Jean-Pierre Mignard (avocat), Dominique Besnehard (agent des stars) et nous-mêmes, nous prenons nos distances, pourquoi ? Parce qu'en réalité, ses comportements ne sont pas bons", a-t-il
déploré.

Réponse de la présidente de Poitou-Charentes: "L'incident est clos. Aujourd'hui, nous passons aux choses sérieuses. Ce qui est important, c'est la parole des citoyens, la parole des militants. La
politique c'est de rassembler et de ne pas exclure et que chacun
se comporte respectueusement, paisiblement sereinement".

"Arc-en-ciel"
Comme cet été, les vice-présidents du Modem, Marielle de
Sarnez et Jean-Luc Bennahmias, Robert Hue, ancien dirigeant du
PCF avaient fait le déplacement à Bourgogne, ainsi que de nombreux syndicalistes. Absent pour raison de santé, Daniel Cohn-Bendit, l'un des animateurs d'Europe Ecologie, s'est fait remplacer par son frère. D'autres réunions de travail "arc-en-ciel" sont prévues en 2010 sur d'autres thèmes comme celui des institutions.

Vincent Peillon avait estimé vendredi que la présence de Mme Royal perturberait le sens du rassemblement dijonais, puis avait parlé de "coup médiatique". Ségolène Royal avait qualifié son intervention de "dérapage verbal" .

Séjour bourguignon
A son arrivée en Côte-d'Or, Ségolène Royal avait d'abord cherché à calmer le jeu, parlant de sa joie d'avoir répondu à l'invitation du député-maire de Dijon, François Rebsamen. "Comme dans toutes les familles politiques, parfois il y a des petites tensions et puis après c'est le moment des convergences, du rassemblement, de la réconciliation, du travail en commun et je crois que c'est ce que veulent les militants de sa base", a-t-elle dit à la presse.

Elle a ensuite expliqué devant des militants: "Je suis chez moi". Avant d'adresser un "avertissement" à Vincent Peillon coupable à ses yeux de"faute politique" pour avoir critiqué son incapacité supposée à rassembler.

Manuel Valls aussi...
Comme Vincent Peillon, Manuel Valls déplore dans le Journal du Dimanche que l'ex-candidate présidentielle ait ravivé les rivalités de personnes au Parti socialiste. Ancien partisan de Ségolène Royal et ayant également pris ses distances, le député-maire d'Evry explique que l'ex-candidate "continue à gâcher ce qu'elle représentait au détriment des autres".

Ces critiques viennent de dirigeants "qui ne digèrent pas qu'elle soit toujours là, toujours présente et surtout toujours aussi attendue par les militants", rétorque Guillaume Garot, député-maire de Laval et proche de Ségolène Royal.

Autres réactions

Dominique Paillé, porte-parole adjoint de l'UMP, a ironisé lundi sur le "grand guignol de Dijon", évoquant même un "caca nerveux de Mme Royal".

Jack Lang a estimé dimanche que Ségolène Royal avait "jeté une certaine forme de discrédit" sur le PS.

Interrogé sur France 2, l'ancien premier secrétaire du PS, François Hollande, a déploré mezzo voce les images de samedi. La présence surprise de son ex-compagne et les "amabilités" échangées par voie de presse? "Je n'en pense rien parce que ce n'est pas cette manière de faire qui m'intéresse", a dit le député de Corrèze.

Le PCF a dénoncé "un spectacle désolant pour la gauche et désespérant pour notre peuple, unspectacle qui réunit tous les ingrédients d'une cuisinepoliticienne". "Bataille des égos et des ambitions personnelles, recomposition politique pour une alliance d'une partie de la gauche avec une partie de la droite, voilà la meilleure des recettes pour un échec en 2012 et une démobilisation de l'électorat populaire pour les prochaines élections de mars", dénonce le Parti communiste dans un communiqué.

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