Saint-Ouen: les élus veulent des moyens

Les maires (PCF) de Saint-Ouen et de Saint-Denis réclament davantage de moyens pour lutter contre la criminalité

Jacqueline Rouillon, maire de Saint-Ouen, septembre 2009
Jacqueline Rouillon, maire de Saint-Ouen, septembre 2009 (© AFP - Miguel Medina)
Les maires (PCF) de Saint-Ouen et de Saint-Denis réclament davantage de moyens pour lutter contre la criminalitéLes maires (PCF) de Saint-Ouen et de Saint-Denis réclament davantage de moyens pour lutter contre la criminalité

Après la fusillade qui a fait deux morts samedi à Saint-Ouen, Jacqueline Rouillon et Didier Paillard ont réclamé dimanche un rendez-vous avec le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux.

Ce dernier a fait savoir dimanche après-midi qu'il recevra Mme Rouillon mardi pour "faire le point sur les actions engagées et à mettre en oeuvre dans sa commune"

Une fusillade entre bandes rivales s'est soldée samedi après-midi par la mort de deux hommes, âgés de 25 et 29 ans, à Saint -Ouen. Les enquêteurs privilégient l'hypothèse d'un règlement de comptes lié au trafic de stupéfiants, à l'origine de nombreux incidents ces derniers mois.

Les maires de Saint-Ouen, Jacqueline Rouillon, et de Saint-Denis, Didier Paillard, accompagnés de nombreux élus et représentants associatifs, se sont rassemblés dimanche pour faire le point dans l'Hôtel de Ville de Saint-Ouen.

"La situation est grave et j'en appelle solennellement aux plus hautes autorités pour qu'elles démantèlent ces territoires de trafic par une présence évidemment policière", a déclaré Jacqueline Rouillon sur Europe 1.

"Ces six derniers mois, on a vu dans cinq endroits très précisément (la situation) basculer (avec) la prise en mains des rues, des places, des entrées d'immeubles par des dealers qui font la loi", a-t-elle affirmé.

"A chaque fois qu'un tel drame se produit, il y a réaction et émotion mais au final il n'y a jamais de réel travail de fond de fait", a dénoncé de son côté Patrick Braouezec, député PCF de Seine-Saint-Denis et président de la communauté d'agglomération Plaine Commune.

"Si on ne prend pas le problème dans toute sa dimension, on aura encore ce genre de drame", a-t-il ajouté, en évoquant la nécessité de "proposer un autre modèle de société où la valeur argent n'est plus la valeur centrale".

Un syndicat policier dénonce les réductions d'effectifs


Faisant écho à la demande des élus, le syndicat Union-SGP-Unité Police a dénoncé dimanche les réductions d'effectifs dans la police nationale et réclamé au contraire davantage de personnels sur le terrain pour lutter au mieux contre le trafic de drogue.

Selon le syndicat, la fusillade intervenue samedi "en plein jour au coeur d'une ville de la banlieue parisienne met en exergue une exacerbation de la violence autour de l'économie souterraine, de plus en plus florissante alors que la crise s'aggrave".

"Devant ce phénomène qui nécessite un +coup de collier+", a-t-il estimé, "à savoir une présence policière accrue sur le terrain et des enquêteurs en renfort, il paraît incroyable d'entendre encore parler de diminution des effectifs dans le cadre de la RGPP", la Révision générale des politiques publiques, vaste et controversé programme de réorganisation et d'économies de l'Etat.