Rentrée 2017 : le casse-tête du dédoublement des classes de CP en secteur défavorisé

La réforme, applicable à la rentrée scolaire pour les écoles des quartiers les plus défavorisés, inquiète le Snuipp-FSU. Le premier syndicat des enseignants du primaire s’appuie sur l’exemple de Vaulx-en-Velin, près de Lyon.  

La rentrée scolaire, le 4 septembre, sera marquée par une mesure phare de la promesse de campagne d\'Emmanuel Macron, le dédoublement des classes de CP dans les quartiers les plus défavorisés (illustration).
La rentrée scolaire, le 4 septembre, sera marquée par une mesure phare de la promesse de campagne d'Emmanuel Macron, le dédoublement des classes de CP dans les quartiers les plus défavorisés (illustration). (MAXPPP)

La rentrée scolaire, le 4 septembre, sera marquée par une mesure phare de la promesse de campagne d'Emmanuel Macron, le dédoublement des classes de CP dans les quartiers les plus défavorisés (REP+). La mise en œuvre de cette mesure, appelée à s'étendre, suscite des critiques de la part du premier syndicat enseignant, le Snuipp-FSU, exemple à l'appui dans le Rhône.

Une année "sous le sceau de l'urgence"

Le co-secrétaire Snuipp-FSU du Rhône et instituteur à Vaulx-en-Velin, Benjamin Grandener estime que l'application des CP dédoublés relève de l'improvisation. Dans cette ville proche de Lyon, l’une des plus pauvres de l’agglomération, la mairie a dû créer quelque 32 classes en quelques semaines, pour limiter les effectifs à 12 élèves. 

À certains endroits, la mairie a réhabilité des salles qui n’étaient pas destinées à l’enseignement. À d’autres endroits, elle a installé de véritables cloisons.Benjamin Grandener, enseignant à Vaulx-en-Velin et représentant du Snuipp

Toutes les classes de CP ne seront pas logées à la même enseigne, précise le responsable syndical : "Des équipes ont fait le choix de faire classe à 24 élèves avec deux enseignants". Il redoute une année scolaire, placée "sous le sceau de l'urgence".

Des inquiétudes sur la finalité de la réforme

L'heure est aux préparatifs dans les écoles. Ici, on pousse les meubles. Là, on réquisitionne la salle réservée aux activités périscolaires. Certaines classes n’ont pas encore de bureaux, ni de livres dans la bibliothèque. Mais pour Benjamin Grandener, le plus grave n'est pas forcément lié aux contraintes matérielles. "C’est la fin d’un dispositif auquel on tenait énormément, celui des maîtres supplémentaires, présents dans les écoles de REP+, les secteurs de l’éducation prioritaire renforcée. Ce dispositif est supprimé pour financer les CP à 12 élèves."

Par ailleurs, le secrétaire du Snuipp dénonce une simple redistribution des moyens, sans véritable création de postes. Benjamin Grandener est pourtant favorable à une baisse des effectifs dans les classes. "On apprend mieux quand il y a moins d’élèves, mais pourquoi que le CP ? Si 100% de réussite en CP signifie 20% de réussite en CM2, ce n’est vraiment pas juste pour nos élèves", déclare-t-il. Le Snuipp- FSU du Rhône a lancé un appel à la grève pour le 4 septembre, en raison notamment de "la mise en place calamiteuse" des CP à 12 élèves dans le département. 

Dans le Rhône, le casse-tête du dédoublement des classes de CP en secteur défavorisé - un reportage de Mathieu Périsse
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