Quand Claude Bartolone traite les députés centristes d'"abrutis"

Le président de l'Assemblée nationale s'en est tiré, ensuite, avec une pirouette littéraire, citant Guy de Maupassant. 

Claude Bartolone, le président de l\'Assemblée nationale, le 7 février 2013 dans l\'hémicycle. 
Claude Bartolone, le président de l'Assemblée nationale, le 7 février 2013 dans l'hémicycle.  (PIERRE VERDY / AFP)

Est-ce lié à la fatigue après dix jours de débats parlementaires harassants sur le mariage pour tous ? Toujours est-il que le président de l'Assemblée nationale, le socialiste Claude Bartolone, a traité les députés centristes d'"abrutis", mardi 12 février, lors des questions au gouvernement à l'Assemblée.

Il s'agaçait de voir ces élus quitter l'hémicyle dans le brouhaha. Un peu plus tôt, le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, avait laissé Bernard Cazeneuve, ministre délégué aux Affaires européennes, répondre à une question de Jean-Louis Borloo, le président de l'Union des démocrates et indépendants (UDI), sur le budget de l'Union européenne. Vexés, les députés UDI ont quitté l’hémicycle. "C'est le gouvernement qui choisit le ministre qui répond", leur a lancé le président de l'Assemblée.

Le mot lâché ensuite par Claude Bartolone n'a pas tardé à faire le tour du réseau social Twitter, suscitant les critiques à droite. 

A la reprise des débats, le président de l'Assemblée a tenu à justifier ses propos par une pirouette littéraire : "Si j'ai employé cette expression, elle me qualifiait. Comme disait Guy de Maupassant, j'étais abruti de souffrance et de méconnaisance" face à cette réaction des députés centristes. Pas sûr que l'explication ait convaincu dans l'hémicyle. 

Félicité pour son travail pendant les débats

Du reste, de nombreuses personnalités politiques de l'opposition ont salué ces derniers jours le travail de Claude Bartolone pendant le débat sur le projet de loi ouvrant le mariage et l'adoption aux couples de même sexe. "C'est un grand président de l'Assemblée nationale", a déclaré le député UMP Gérald Darmanin. "Il est dans la bonne tradition des présidents de l'Assemblée", a jugé Patrick Ollier (UMP), alors que Jacques Myard (UMP) a estimé qu'"il a épousé la fonction". L'intéressé a lui-même jugé avoir "réussi" sa mission, lundi sur Canal + : 

Evoquant la scène de dimanche matin, lorsque des "députés de droite et de gauche" se sont levés pour rendre hommage à la façon dont il avait mené les débats, Claude Bartolone a parlé d'un "véritable honneur" . Et de conclure : "Ce que j'ai raconté au moment où je suis devenu président de l'Assemblée nationale, lorsque j'ai dit  'je veux que ce soit le cœur battant de la démocratie', j'ai réussi."