Près d'un million de demandeurs d'emploi vont se retrouver sans indemnités fin 2010

Depuis plusieurs mois, les partenaires sociaux et l'Etat se renvoient la balle sur la question des chômeurs en fin de droits. D'un côté, le patronat affirme que cela relève "de la compétence exclusive du gouvernement".De l'autre, le secrétaire d'Etat à l'emploi Laurent Wauquiez soutient qu'il s'agit de la responsabilité des partenaires sociaux.

Laurence Parisot, la présidente du Medef
Laurence Parisot, la présidente du Medef (France 2)

Depuis plusieurs mois, les partenaires sociaux et l'Etat se renvoient la balle sur la question des chômeurs en fin de droits. D'un côté, le patronat affirme que cela relève "de la compétence exclusive du gouvernement".

De l'autre, le secrétaire d'Etat à l'emploi Laurent Wauquiez soutient qu'il s'agit de la responsabilité des partenaires sociaux.

La question est d'autant plus sensible que les déficits publics atteignent des records et que le nombre de chômeurs en fin de droits devrait atteindre un million en 2010 après 850.000 en 2009 selon des données de Pôle emploi sans compter le nombre d'entrées en Allocation spécifique de solidarité (ASS) qui devrait grimper à 170.000 en 2010 (149.000 en 2009). Cette allocation représente environ 450 euros versés par l'Etat sous condition de ressources du ménage.

Interrogée mardi lors de sa conférence de presse mensuelle sur ce que le Medef compte faire pour ces chômeurs, Laurence Parisot a déclaré : "C'est au gouvernement de prendre ses responsabilités sur ce sujet et de formuler une position".

Des mesures "d'urgence"
Du côté de la CFDT, on craint la diversion et on en appelle aussi à l'Etat. "On n'est pas sorti de la crise, il ne faut pas la zapper", "Attention à la diversion !" a déclaré son secrétaire général, François Chérèque. "Les retraites ne peut pas être le train qui cache le train de la crise" a-t-il ajouté.

Lors du sommet du 15 février à l'Elysée, la CFDT insistera sur les "réponses d'urgences" qui soutiennent la société et l'économie françaises. Pour les chômeurs en fin de droits, il faut, selon M. Chérèque, élargir les aides et assouplir l'entrée dans l'allocation de solidarité spécifique, à laquelle la majorité n'aura pas droit.

Il faut aussi leur ouvrir l'accès à une mutuelle, dans les mêmes conditions que les allocataires du revenu de solidarité active (RSA), et reconduire le dispositif d'allocation équivalence retraite pour les travailleurs les plus âgés.

Pour les ménages modestes, le numéro de la CFDT plaide également pour la poursuite des aides décidées l'an dernier : suppression d'une partie de l'impôt sur le revenu, prime aux chômeurs non indemnisés et distribution de chèques service.