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Plus de 100.000 personnes se sont rassemblées lundi en Allemagne et en France pour réclamer l'abandon du nucléaire

Des manifestations organisées à la veille 25e anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl.En Alsace, le candidat à la présidentielle Nicolas Hulot a fait une apparition aussi discrète que controversée. Très populaire en Allemagne, le mouvement anti-nucléaire s'est amplifié depuis l'accident de la centrale de Fukushima, le 11 mars.
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Manifestation anti-nucléaire devant le chantier EPR de Flamanville, samedi 23 avril 2011. (AFP)

Des manifestations organisées à la veille 25e anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl.

En Alsace, le candidat à la présidentielle Nicolas Hulot a fait une apparition aussi discrète que controversée. Très populaire en Allemagne, le mouvement anti-nucléaire s'est amplifié depuis l'accident de la centrale de Fukushima, le 11 mars.

Au total 144.500 militants allemands ont participé à des manifestations sur 12 sites allemands ainsi qu'aux abords des centrales françaises de Cattenom, en Lorraine, la deuxième de France en termes de puissance, et de Fessenheim, en Alsace, selon l'organisation anti-nucléaire "Ausgestrahlt" ("irradié").

La chancelière Angela Merkel a décidé un moratoire de trois mois sur l'allongement de la durée de vie des réacteurs atomiques. Les réacteurs, qui produisent environ un tiers de l'électricité du pays, devaient initialement fermer d'ici à 2020, mais Mme Merkel leur avait accordé à l'automne dernier un sursis de douze ans.

Pour les militants antinucléaires, l'objectif était triple: ils entendaient à la fois commémorer la tragédie de Tchernobyl, dénoncer celle de Fukushima au Japon, et réclamer la fermeture de la centrale nucléaire alsacienne de Fessenheim, la plus ancienne en exploitation en France, et qui, à ce titre, cristallise les protestations.

Aux abords des sites nucléaires, les manifestants ont notamment planté des croix de bois pour rendre hommage aux victimes japonaises.

Alsace : "la radioactivité ne connaît pas de frontière"
En Alsace, les militants avaient choisi de manifester sur une demi-douzaine de ponts enjambant le Rhin, pour rappeler que "la radioactivité ne connaît pas de frontière": une manière d'ironiser sur le fait que, à en croire des spécialistes officiels français de l'époque, le nuage radioactif de Tchernobyl se serait arrêté en 1986 à la frontière allemande. Selon des estimations de journalistes sur place, ils étaient ainsi 6.000 à 9.000 au total sur les ponts du Rhin, en majorité des Allemands.

A Strasbourg, les manifestants, qui arboraient des drapeaux japonais - en référence à Fukushima - ou ukrainiens - évocation de Tchernobyl - se sont couchés sur l'asphalte pour former un "die in", et ont jeté des fleurs dans le Rhin pour rendre hommage aux victimes des accidents nucléaires.

Sur ce même "pont de l'Europe", qui relie la capitale alsacienne à sa voisine allemande Kehl, Nicolas Hulot a fait une apparition remarquée et très médiatique, même s'il n'a pas pris la parole publiquement. En aparté, il a déclaré à des journalistes que soulignant que la catastrophe de Fukushima avait achevé de le convaincre sur ce point.

La présence de M. Hulot n'a pas fait l'unanimité chez les opposants à l'atome: beaucoup n'ont pas caché leur méfiance et ont ironisé sur le caractère très récent de la "conversion" antinucléaire de l'ancien animateur de l'émission télévisée Ushuaïa.

Lorraine : manifestation près de Cattenom
En Lorraine, une manifestation aux abords la centrale de Cattenom (Moselle) - la deuxième de France en termes de puissance -, a rassemblé au moins 2.000 personnes, dont de nombreux Allemands et Luxembourgeois, selon la préfecture.

Aquitaine : pique-nique face à la centrale du Blayais
En Aquitaine, de 600 à 1.000 personnes, selon la gendarmerie et les organisateurs, ont pique-niqué face à la centrale nucléaire du Blayais, au nord de Bordeaux. Les manifestants ont demandé la fermeture de cette centrale, qui aura 30 ans en juin, et de "tous les réacteurs de plus de trente ans". "La centrale du Blayais est assurément une des plus dangereuses de France" car "elle est inondable, ainsi que sa route d'accès, comme l'a montré la (tempête) de décembre 1999", a déclaré Stéphane Lhomme, président de l'association organisatrice Tchernoblaye et candidat aux primaires d'Europe Ecologie-Les Verts.

En Bretagne, quelque 800 personnes, selon les organisateurs, se sont rendues en cortège dans une ambiance bon enfant devant la centrale nucléaire de Brennilis (Finistère). Réacteur expérimental à eau lourde construit dans les années 1960, Brennilis a cessé de fonctionner en 1985 mais son démantèlement, qui s'est révélé beaucoup plus complexe que prévu, n'est toujours pas achevé 25 ans plus tard.

En Autriche, un millier de personnes ont manifesté lundi soir à Vienne pour l'arrêt du recours à l'énergie nucléaire, à l'appel d'organisations écologiques et en présence du chancelier social-démocrate Werner Faymann.

Dans une brève allocution, le chef du gouvernement, a affirmé "la justesse" de la position de l'Autriche, qui s'est toujours opposée au nucléaire et ne compte aucune centrale atomique sur son territoire. "Depuis Tchernobyl , 160 nouvelles centrales nucléaires", a relevé le chancelier. "Nous savons que le lobby industriel nucléaire", qualifié de "cynique", attend que "tout cela soit oublié, comme pour Fukushima", a-t-il déclaré.


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