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Nicolas Sarkozy a réaffirmé que la réforme des retraites ira "à son terme" et promet le déblocage de tous les dépôts

M. Sarkozy a annoncé mercredi avoir ordonné le déblocage de la "totalité" des dépôts de carburants, "afin de rétablir au plus tôt une situation normale".En réponse à l'intervention de la police à Donges (Loire-Atlantique), au Mans et à La Rochelle, de nouveaux blocages ont été organisés à Port-de-Bouc (Bouches-du-Rhône), près de Marseille.
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Des grévistes bloquent le dépôt de Donges dans le cadre du mouvement contre la réforme des retraites (18/10/2010). (AFP)

M. Sarkozy a annoncé mercredi avoir ordonné le déblocage de la "totalité" des dépôts de carburants, "afin de rétablir au plus tôt une situation normale".

En réponse à l'intervention de la police à Donges (Loire-Atlantique), au Mans et à La Rochelle, de nouveaux blocages ont été organisés à Port-de-Bouc (Bouches-du-Rhône), près de Marseille.

Le retour à la normale dans les stations-service françaises prendra quelques jours, a déclaré mercredi soir la ministre de l'Economie Christine Lagarde. Après le déblocage de certains dépôts de carburant mercredi, "il va y avoir du temps de réamorçage. On en a pour quelques jours avant de remettre les pompes en état de service", a dit Christine Lagarde sur TF1.

Les propos du président de la République

"Je mènerai à son terme la réforme des retraites car mon devoir en tant que chef de l'Etat est de garantir aux Français qu'eux-mêmes et leurs enfants pourront compter sur leur retraite et que le niveau des pensions sera maintenu", a déclaré le chef de l'Etat devant le Conseil des ministres. "C'est une réforme difficile, j'en suis le premier conscient. Il est normal que dans une démocratie chacun puisse exprimer son inquiétude ou son opposition. Mais certaines limites ne doivent pas être franchies et mon devoir est de garantir le respect de l'ordre républicain au service de tous les Français", a-t-il ajouté.

"Pour des millions de nos concitoyens, les transports constituent une question vitale. Il s'agit là d'une liberté fondamentale. Ces derniers jours, beaucoup de Français ont vu leur vie quotidienne perturbée par des problèmes d'approvisionnement qui ont touché une partie des stations-service", a déclaré mercredi M. Sarkozy. Selon lui, les "désordres" suscités par les blocages de dépôts de carburant produisent de "nombreuses injustices" à l'endroit de "la majorité des Français qui souhaitent pouvoir continuer à travailler et à circuler librement".

Avant lui, le ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, avait qualifié d'"inacceptables et d'irresponsables" ces blocages estimant qu'ils peuvent "menacer désormais le fonctionnement des services publics et des services de secours et d'urgence. Nous continuerons à débloquer autant que nécessaire ces dépôts, car quelles que soient les préoccupations et les revendications, l'immense majorité n'a pas à subir la loi d'une minorité", a poursuivi le ministre.

Des dépôts à nouveau bloqués

Les grévistes ont à nouveau bloqué les voies d'accès au dépôt de carburant de Donges qui venait d'être débloqué. Ce dépôt est situé tout à côté de la raffinerie de Donges (Loire-Atlantique) mise à l'arrêt depuis le 12 octobre dans le cadre de la grève contre la réforme des retraites.

Selon un responsable CGT de la raffinerie mercredi, "toutes les voies d'accès au dépôt viennent d'être bloquées". Des manifestants ont dégonflé les pneus de camions-citernes sur les ronds-points d'accès afin de rendre impossible l'arrivée au dépôt des camions de carburant, selon l'AFP.

Selon le préfet de Loire-Atlantique Jean Daubigny, 47% des stations services du département étaient à sec lundi soir et 49% manquaient de carburant. M. Jean Daubigny avait lancé mardi un appel au "civisme" dans son département pour que les dépôts laissent sortir du carburant pour les véhicules prioritaires, notamment des services de santé, qui commencent à souffrir des difficultés d'approvisionnement en carburant.

La raffinerie de Donges, 2ème de France en capacité, est la première à avoir voté l'arrêt de la production en France pour protester contre la réforme des retraites. Depuis, les 12 raffineries françaises ont été touchées par la grève et plusieurs dépôts de carburants ont également été bloqués, étendant les problèmes d'approvisionnement en carburant à l'ensemble du territoire de la métropole.

A La Rochelle, les accès au dépôt pétrolier de La Pallice, bloqués depuis jeudi par des manifestants dénonçant la réforme des retraites, ont également été dégagés par les forces de l'ordre, un peu plus tôt dans la nuit de mardi à mercredi. Au Mans, le dépôt pétrolier a été débloqué sans incident par des CRS à cinq heures du matin mercredi, a constaté l'AFP. Une soixantaine de personnes participaient à ce blocage, qui a commencé vendredi, parmi lesquelles des militants CGT et FO ainsi que des enseignants Sud et FSU. A Port-de-Bouc (Bouches-du-Rhône), près de Marseille, un dépôt stratégique qui alimente l'armée et les aéroports de Marseille et Nice, a été bloqué une grande partie de la journée.

Les chiffres de Borloo sur les stations-service

Sur les 12.311 stations-service françaises, 3.190 se disent momentanément vides, a déclaré mercredi le ministre de l'Energie, Jean-Louis Borloo, lors de la séance des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale.

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