Marine Le Pen chahutée par le Front de Gauche à Meaux

En campagne sur les terres de Jean-François Copé la candidate du Front National a été accueillie par les partisans de Jean-Luc Mélenchon aux cris de "Résistance! Résistance!"

Marine Le Pen en visite au marché de Meaux (Seine-et-Marne) le 24 mars 2012.
Marine Le Pen en visite au marché de Meaux (Seine-et-Marne) le 24 mars 2012. (THOMAS PADILLA / MAXPPP)

Venue titiller l'UMP dans la ville de son patron, c'est au Front de gauche et au PS que Marine Le Pen doit la perturbation de sa visite d'environ une heure à Meaux (Seine-et-Marne). 

Quelques dizaines de partisans de Jean-Luc Mélenchon et du PS l'attendaient et l'ont accueillie en criant "Résistance! résistance!". "Il est malade ce type, il a la bave aux lèvres!", lance la candidate frontiste tout en désignant l'un d'entre eux qui hurle à quelques mètres d'elle.

Venue soutenir sa candidate Marie-Christine Arnautu et distribuer des tracts sur le marché de Meaux, Marine Le Pen a rétorqué, à l'égard de ses adversaires de gauche : "Regardez où est la haine! La haine est de ce côté-là!". Et si elle affiche un sourire en permanence, la chef de file du FN laisse parfois percer son agacement et déplore de ne pouvoir faire campagne "normalement", à cause de "ces gueulards".

"Alleluïa, le Front de gauche chante la Marseillaise"

Vendredi 23 mars 2012 et pour la première fois, Jean-Luc Mélenchon a dépassé Marine Le Pen dans un sondage BVA (14% contre 13%) mais elle n'y croit pas "une seconde".

Graphique à l'appui, son staff montre d'ailleurs aux journalistes un sondage TNS-Sofres datant du 22 mars 2002 et dans lequel Arlette Laguiller (Lutte ouvrière) caracolait à 10%, au même niveau que Jean-Marie Le Pen. La candidate, de son côté, se rassure auprès des vendeurs ou des passants qui lui témoignent régulièrement leur sympathie, sous des huées ou des sifflets continus.

La visite est mouvementée tout du long. Comme un dernier pied-de-nez, la vingtaine de militants de gauche entonne une "Marseillaise". Marine Le Pen se tourne, grand sourire aux lèvres. "Alleluïa, le Front de gauche chante la Marseillaise", se félicite-t-elle.

Les journalistes lui demandent pourquoi elle ne la reprend pas à son tour. Une demi-seconde d'hésitation plus tard, Marine Le Pen reprend à tue-tête l'hymne national, en choeur avec ses adversaires. 

Adversaires du Front de Gauche contre lesquels elle a déposé deux plaintes pour "injures publique" et pour "menaces de mort" contre Louis Aliot, son compagnon et numéro 2 du FN.