Luc Chatel: faire plus avec des postes en moins

Le ministre de l'Education nationale a appelé à "investir" dans l'éducation tout en poursuivant la suppression de postes

Luc Chatel défend la réforme de la formation enseignante
Luc Chatel défend la réforme de la formation enseignante (© F2)
Le ministre de l'Education nationale a appelé à "investir" dans l'éducation tout en poursuivant la suppression de postesLe ministre de l'Education nationale a appelé à "investir" dans l'éducation tout en poursuivant la suppression de postes

La crise économique actuelle "révèle le besoin de davantage d'éducation. Ce sont (les pays) qui investiront dans leur éducation qui s'en sortiront le mieux", a déclaré lindi M. Chatel lors d'un point presse.

Pas question pour autant de revenir sur la politique de réduction d'effectif : moins 13.500 cette année, 16.000 l'an prochain.

Cette rentrée se fait à "taux d'encadrement constant" a indiqué M. Chatel précisant le rapport d'un professeur pour 25 élèves en maternelle, un pour 22 en école élémentaire et un pour 11,6 dans le secondaire.

Des questions sans réponse et des doutes sur les chiffres


La rentrée se fait-elle avec 870.000 enseignants, comme il l'a dit au début de son discours, ou bien avec 825.100, comme l'indique le dossier de presse du ministère?

Combien y a-t-il d'enseignants remplaçants non affectés sur des postes? Combien d'établissements ont été fermés après l'assouplissement de la carte scolaire? Combien sont sortis du système d'éducation prioritaire? Combien de suppressions de postes en lycée? A toutes ces questions, M. Chatel n'a pas répondu, renvoyant à des conseillers qui sont restés très vagues.

Luc Chatel a cependant indiqué qu'il ne serait ni le ministre du "statu quo", ni celui des "réformes cosmétiques".

Ses trois "chantiers prioritaires" sont la réforme du lycée qu'il veut "ambitieuse", "l'orientation" et "la réforme des concours d'enseignement".

Sur ce dernier point, le ministre a démenti lundi que la réforme de la formation des enseignants aboutisse à deux voies de recrutement, en réponse à une question de la communauté éducative et universitaire, inquiète à ce sujet.

Elle prévoit le recrutement des futurs enseignants des écoles, collèges et lycées au niveau d'un master 2 (bac+5), et comme aujourd'hui, après avoir réussi un concours.

La crainte de certains est que les étudiants "reçus-collés" - c'est-à-dire ceux qui auront décroché un master à dominante "enseignement", auront fait des stages devant la classe mais auront échoué au concours - puissent constituer à terme un volant d'enseignants précaires, sans le statut de fonctionnaire.

"Très clairement, il ne s'agit pas de créer un système de recrutement d'enseignants au rabais. Au contraire, l'esprit de la masterisation c'est de revaloriser la formation des enseignants", a répondu M. Chatel à cette crainte.

"Et le deuxième objectif, c'est de faire en sorte qu'il y ait moins de gâchis qu'aujourd'hui" parmi les étudiants qui ratent le concours d'enseignants et "doivent redémarrer à zéro quasiment leurs études", selon le ministre.

Cette réforme dite de "masterisation" fut l'une des causes du long mouvement universitaire de l'hiver et du printemps.