Loi sur les génocides : la Turquie menace une nouvelle fois la France

Le conseil de sécurité nationale met en garde le Sénat contre un vote du texte qui constituerait une "erreur".

Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan lors d\'une conférence à Istanbul (Turquie) le 23 décembre 2011.
Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan lors d'une conférence à Istanbul (Turquie) le 23 décembre 2011. (BULENT KILIC / AFP)

La proposition de loi réprimant la négation des génocides adoptée par l'Assemblée nationale jeudi 22 décembre continue de susciter la polémique en Turquie. Le pays a averti, mercredi 28 décembre, qu'il prendrait de nouvelles mesures contre la France si le Sénat français adopte cette loi. Ankara a déjà rappelé son ambassadeur et promis des représailles économiques dès l'adoption du texte par l'Assemblée nationale.

Mercredi, le conseil de sécurité nationale, plus haute instance d'Etat chargée des questions de sécurité, a souhaité que le "bon sens" prévale et que Paris renonce à son "erreur". Ce conseil comprend les plus hauts gradés du pays, le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan, les membres de son gouvernement ainsi que le président Abdullah Gül.

"En fonction des décisions de la France"

"A ce sujet, les mesures déjà annoncées par le gouvernement et d'autres mesures supplémentaires seraient annoncées en fonction des décisions de la France", a prévenu le conseil à l'issue d'une réunion de cinq heures. "Si la proposition devient loi, cette mesure injuste sera contestée de toutes les manières."

Le texte réprimant toute négation publique d'un génocide reconnu par la loi ne deviendrait effectif qu'une fois adopté par le Sénat. On ignore encore quand la chambre haute du Parlement l'examinera.