Paris : licencié après la publication d'une photo de lui endormi, un agent de propreté poursuit son employeur

Une photo prise dans une rue de Paris a circulé sur Twitter et a entraîné le licenciement pour "faute grave" de l'agent.

Des agents de propreté de Paris, le 12 décembre 2019.
Des agents de propreté de Paris, le 12 décembre 2019. (MAXPPP)

Un agent de propreté, limogé en 2018 pour une photo de lui postée à son insu sur internet alors qu'il était endormi en tenue de travail, conteste son licenciement mardi 14 janvier devant les prud'hommes de Créteil (Val-de-Marne), a fait savoir son avocat.

Depuis 2011, Adama Cissé, 37 ans, ramassait les déchets à Paris. En septembre 2018, pendant une de ses tournées, il s'est arrêté "pour faire une pause", explique son avocat, Joachim Scavello, confirmant une information du Parisien. Souffrant de douleurs à un pied après une fracture, l'agent enlève ses chaussures. Alors qu'il est allongé sur un rebord de vitrine, pieds nus et visiblement endormi, une passante prend une photo et la poste sur Twitter, accompagnée de ce commentaire : "Voilà à quoi servent les impôts locaux des Parisiens, à payer les agents de propreté à roupiller, on comprend pourquoi Paris est si dégueulasse."

Une requête devant les prud'hommes

Adama Cissé est ensuite convoqué par son employeur, Derichebourg, qui a repris son contrat en 2015. Un mois plus tard, en octobre 2018, il est licencié pour "faute grave", selon la requête devant le conseil des prud'hommes que l'Agence France-Presse a pu consulter. "Cette attitude révélant votre volonté de vous assoupir durant votre service a fait l'objet d'une sévère réclamation de notre client", justifie la société.

Derichebourg avait également répondu directement à l'utilisatrice sur Twitter : "Derichebourg Environnement ne cautionne pas ce type de comportement de la part de ses collaborateurs. La personne qui apparaît sur la photo fait l'objet d'une procédure disciplinaire", était-il indiqué. L'employeur "tape très, très fort, pour pas grand-chose, dénonce l'avocat d'Adama Cissé. On ne conteste pas la photo, mais il y a un contexte derrière tout ça. [L'agent] était en pause, pas en temps de travail." La mairie de Paris, qui emploie Derichebourg en tant que prestataire, n'a pas demandé de sanction, a assuré une porte-parole au Parisien.

Outre "les proportions publiques pas très agréables" prises par l'affaire en étant postée sur les réseaux sociaux, "la question qui se pose est : peut-on utiliser une photo prise à l'insu de quelqu'un pendant un temps de pause pour le licencier ?" demande l'avocat d'Adama Cissé. La décision devrait être mise en délibéré à l'issue de l'audience mardi après-midi.