Les ministres des Finances et les gouverneurs des banques centrales du G20 ont prôné dimanche une action coordonnée

Réunis Sao Paulo pour préparer le sommet convoqué par G.W.Bush le 15 aux USA sous la pression de l'UE, ils vont "prendre toutes les mesures nécessaires pour restaurer la confiance des marchés et la stabilité et minimiser le risque d'une nouvelle crise"Pour le G20, le FMI "doit avoir un rôle dirigeant dans cette tâche en conformité avec son mandat".

A Sao Paulo, les ministres du G20 espèrent balayer les effets de la crise financière
A Sao Paulo, les ministres du G20 espèrent balayer les effets de la crise financière (AFP/Antonio Scorza)

Réunis Sao Paulo pour préparer le sommet convoqué par G.W.Bush le 15 aux USA sous la pression de l'UE, ils vont "prendre toutes les mesures nécessaires pour restaurer la confiance des marchés et la stabilité et minimiser le risque d'une nouvelle crise"

Pour le G20, le FMI "doit avoir un rôle dirigeant dans cette tâche en conformité avec son mandat".

Un rôle plus important pour les pays émergents
Ils n'ont toutefois pas trouvé de terrain d'entente sur la régulation des marchés financiers, selon le ministre des Finances brésilien, Guido Mantega, dont le pays est le président du G20 cette année.

Le Brésil a réclamé dans un document un plus grand rôle pour les pays émergents et en développement dans les institutions financières internationales dans le cadre d'une réforme de la gouvernance mondiale.

Il demande une nouvelle fois que les dirigeants du FMI comme de la Banque mondiale soient choisis "selon un processus ouvert et transparent, sans restriction de candidature en fonction de la nationalité", alors que ces postes sont traditionnellement partagés entre Américains et Européens. Le document brésilien souligne "l'inefficacité du G7 (pays les plus puissants du monde) pour diriger de façon efficace les principaux thèmes mondiaux (...) et pour prôner la réforme du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale".

Insistant également sur la responsabilité des institutions financières internationales, le Brésil recommande de chercher à obtenir "une croissance économique visant l'inclusion sociale et soutenue à long terme". C'est pourquoi d'après la proposition brésilienne "il faut revoir les normes de régulation, de surveillance et d'évaluation des risques nationaux et développer des processus normatifs et régulatoires multilatéraux à adapter à tous les pays".

Le Brésil propose également d'établir des "mécanismes de prévention de crise" entre les institutions financières et de créer "des instruments nationaux qui minimisent les coûts de l'intervention de l'Etat sur les marchés financiers et protègent les contribuables d'une conjoncture nocive de privatisation des bénéfices et de socialisation des préjudices".

A l'ouverture de la réunion samedi, le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva avait réclamé des changements dans la gestion des institutions financières internationales afin de créer une "nouvelle architecture financière" accordant un rôle plus important aux pays en développement.

Des points de vue convergents
La ministre de l'Economie française, Christine Lagarde, a assuré dimanche que les pays du G20 avaient manifesté "une convergence de vues sur la riposte" à la crise financière internationale, lors d'un point de presse.

Samedi, la Maison Blanche a estimé qu'il existait "un terrain d'entente" entre l'Union européenne et les Etats-Unis concernant une réforme du système financier, sur la base des conclusions du sommet européen de Bruxelles qui s'est déroulé vendredi.

Dans sa première allocution radiophonique hebdomadaire, Barack Obama avait appelé à des actions urgentes pour faire face à la crise économique, estimant qu'il n'y avait "pas un moment à perdre". Après le Plan Paulson de sauvetage des banques adopté en octobre, les Etats-Unis "auront besoin d'autres actions pendant cette transition (avant sa prise de fonctions, ndlr) et les mois suivants" pour contrer la propagation de la crise à toute l'économie, a-t-il prévenu. Il a souhaité "un plan de sauvetage pour la classe moyenne", qui permette de "créer des emplois et soulager les familles qui voient leurs salaires se réduire et les économies de toute une vie disparaître".

Sa porte-parole a précisé que Barack Obama ne participerait pas au sommet de Washington le 15 novembre, lors duquel les Européens veulent faire pression sur les Etats-Unis pour qu'ils acceptent plus de régulation financière.

Pour sa part, le directeur général du FMI, dans une lettre aux chefs de gouvernement du G20 datée du 6 novembre, a souhaité que le sommet des dirigeants du G20, la semaine prochaine à Washington, discute de mesures budgétaires et monétaires supplémentaires en réponse à la crise financière mondiale. Dominique Strauss-Kahn y précise que les dirigeants du G20 doivent être prêts à faire en sorte que le FMI dispose de fonds suffisants pour pouvoir contribuer à atténuer l'impact de la crise du crédit.

Rappel: qu'est-ce que le G20 ?

Présidé par le Brésil, le G20 concentre 85% du PIB de la planète et les deux-tiers de sa population.

Il rassemble 7 pays aux économies avancées (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni), l'Union européenne, plus les principaux pays émergents (Afrique du Sud, Arabie saoudite, Argentine, Australie, Brésil, Chine, Corée du Sud, Inde, Indonésie, Mexique, Russie et Turquie).

Les dirigeants de la Banque mondiale, du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque centrale européenne participent également aux débats.