Les enfants d'une hôtesse d'Air France décédée dans l'accident du Rio-Paris ont été déboutés en référé contre Airbus.

Ils réclamaient à Airbus et à la compagnie aérienne une provision sur indemnisation du préjudice. L'avocat s'étonne que le juge n'ait pas admis "un principe de responsabilité" concernant Airbus.

(HO / BRAZILIAN NAVY / AFP)
Ils réclamaient à Airbus et à la compagnie aérienne une provision sur indemnisation du préjudice. L'avocat s'étonne que le juge n'ait pas admis "un principe de responsabilité" concernant Airbus.

L'accident du vol AF447, qui s'est abîmé au large du Brésil en juin 2009, a coûté la vie à 228 personnes. Air France et Airbus sont mis en examen dans ce dossier pour homicides involontaires. Un rapport intermédiaire du Bureau d'enquêtes et d'analyses a souligné une série de défaillances de l'équipage, sur la base des données fournies par les boîtes noires de l'appareil. Les experts judiciaires font état de "confusion au sein de l'équipage" et émettent des doutes sur les informations techniques qui ne sont pas considérées comme "crédibles et exploitables".

"Il est inadmissible d'imaginer qu'il ne peut y avoir que la responsabilité des pilotes. Tout le monde doit faire face à ses responsabilités et Airbus doit être garant de ses avions. C'est toujours un enchaînement de causes qui mène à l'accident : ici, gel des sondes, comportement des pilotes, décrochage de l'avion, alarmes qui fonctionnent de manière aléatoire", énumère l'avocat.
Il craint que "les conséquences industrielles que pourrait avoir la mise en cause de l'avionneur puissent apparaître comme un frein".

Jusqu'ici, a-t-il précisé, les trois enfants de l'hôtesse ont reçu des dommages et intérêts dans le cadre d'un accident du travail et le TGI de Toulouse s'est d'ailleurs dit incompétent pour trancher la requête en référé contre Air France, renvoyant vers le tribunal des affaires de sécurité sociale.

En juillet, les ayants droit de deux couples de passagers avaient déposé à Toulouse des demandes similaires et avaient obtenu gain de cause contre Air France et son assureur Axa (condamnés à verser plus de 400 000 euros), mais pas contre Airbus.