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Le top 10 des incidents les plus récents à l'Assemblée

Après la bagarre entre députés intervenue cette nuit, francetv info revient sur les principaux accrochages qui ont éclaté dans l'hémicycle ces dernières années.

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France Télévisions
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Les députés de la majorité quittent l'hémicycle avant le terme de la séance, le 7 février 2012. (MEHDI FEDOUACH / AFP PHOTO)

Joutes verbales qui dérapent, bras d'honneur d'un député au Premier ministre, président de l'Assemblée poursuivi par des parlementaires en colère... Alors que des députés en sont carrément venus aux mains, vendredi 19 avril, francetv info revient sur les principaux accrochages qui ont éclaté à l'Assemblée nationale ces dernières années. Au coeur du top 3 : l'ouverture du mariage aux couples homosexuels, Claude Guéant et les camps nazis, et "l'effraction" de François Baroin.

119 avril 2013 : des députés en viennent aux mains lors du débat sur le mariage pour tous

Le dernier incident de séance entre directement en première position. Alors qu'il est près d'une heure du matin, vendredi 19 avril, les députés sont dans l'hémicycle pour une ultime séance d'examen du texte sur le mariage pour tous. Subitement, les esprits s'échauffent. Se disant "provoqués" par le sourire moqueur d'un collaborateur de la ministre Christiane Taubira, des députés UMP descendent au banc des ministres avec la volonté d'en découvre. 

Selon Bernard Roman, député PS, "quelques coups de poing sont partis". Un député UMP affirme avoir eu les lunettes cassées. Du "jamais-vu", affirment les élus de droite comme de gauche.

LCP

2 7 février 2012 : Guéant accusé de "porter une idéologie qui a donné naissance aux camps" nazis

C'est une première. Alors qu'un député apparenté PS, Serge Letchimy, accuse le ministre de l'Intérieur, Claude Guéant, de "porter une idéologie qui a donné naissance aux camps de concentration", le Premier ministre lui-même décide de quitter l'hémicycle, emportant avec lui l'ensemble des députés de la majorité. Ne sachant que faire, les députés de l'opposition s'observent, et finissent par comprendre que la séance ne reprendra pas. François Fillon dénonce immédiatement "une comparaison indécente""Il est des comparaisons qui font honte à ceux qui les professent", ajoute-t-il.

FTVi

38 novembre 2011 : Baroin accuse la gauche d'avoir pris le pouvoir "par effraction" en 1997

La séance des questions au gouvernement a débuté depuis un peu plus d'une demi-heure. Le ton monte entre la majorité et l'opposition. Répondant à une question sur le plan de rigueur, le ministre de l'Economie, François Baroin, accuse les socialistes d'avoir pris le pouvoir "par effraction" lors des législatives anticipées de 1997. La gauche se lève d'un seul homme, des boulettes de papier volent en direction des membres du gouvernement, et le président Bernard Accoyer est contraint de lever la séance.

413 novembre 2012 : Valls accuse l'UMP d'être responsable du "retour du terrorisme" en France

Séance levée également le 13 novembre 2012, lorsque le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, accuse les députés UMP d'être responsables du "retour du terrorisme" en France. "L'esbroufe, c'est vous ; l'échec, c'est vous ; la hausse de la délinquance, c'est vous ; les suppressions de postes de policiers et de gendarmes, c'est vous ; le retour du terrorisme dans ce pays, c'est vous ; la division des Français, c'est vous", lance Manuel Valls en direction des bancs de l'opposition. Les députés UMP, ulcérés, provoquent l'interruption de la séance de questions d'actualité. Certains d'entre eux appellent même à la démission du ministre.

LCP

515 septembre 2010 : Accoyer poursuivi dans les couloirs par l'opposition

Alors que les députés examinent le projet de loi sur la réforme des retraites, le président UMP de l'Assemblée, Bernard Accoyer, dénonce "des petites manœuvres" et l'"obstruction" dont fait preuve à ses yeux l'opposition. Il décide subitement de lever la séance. Les députés de gauche le poursuivent alors dans les couloirs du Palais Bourbon, en criant "Démission ! Démission !", et le traitent de "putschiste" et de "factieux".

69 décembre 2009 : cris et claquements de pupitres

Accusé d'avoir fait un bras d'honneur la semaine passée en plein hémicycle, le député écologiste Noël Mamère ne parvient pas à poser une question. Incapable de se faire entendre à cause des hurlements et des claquements de pupitres venus des bancs de la majorité, il abandonne et regagne son siège. Dans la foulée, les députés de l'opposition rendent inaudible une question d'un député Nouveau Centre. Et dans une atmosphère survoltée, Eric Woerth, alors ministre du Budget, qualifie ensuite de "stupide" une question socialiste. La gauche, furieuse, finit par quitter l'hémicycle. (voir la vidéo)

72 décembre 2009 : le bras d'honneur de Mamère

Toujours à l'occasion des questions au gouvernement, des militants de Greenpeace déploient une banderole, à la veille du sommet de Copenhague sur le climat. Le président Accoyer interrompt immédiatement la séance, mais celle-ci reprend dans la confusion, après un bras d'honneur de Noël Mamère en direction des bancs de la majorité. Le député écologiste est sanctionné quelques jours plus tard, mais assume son geste : "S’il faut refaire un bras d’honneur, je le referai volontiers et je paierai." (voir la vidéo)

820 janvier 2009 : le groupe PS chante "La Marseillaise"

En pleine nuit, un député UMP propose d'abréger l'examen d'un article qui encadre le droit d'amendement, alors que tous les députés de l'opposition n'ont pas pris la parole. Furieux, ils se regroupent au pied du Perchoir, scandent "Démocratie ! Démocratie !", puis entonnent La Marseillaise. La séance est suspendue.

97 septembre 2010 : 120 000 signatures sèment la pagaille dans l'hémicycle

Dans le cadre de la réforme des retraites, les députés communistes se lèvent en pleine séance de questions au gouvernement pour remettre au Premier ministre quelque 120 000 signatures qu'ils assurent avoir collectées pour contester le projet. Les huissiers les en empêchent, mais des députés de droite se lèvent pour aller à l'affrontement. Bernard Accoyer est contraint d'interrompre la séance pendant cinq minutes. La majorité dénonce une attitude "inqualifiable"(voir la vidéo)

107 juin 2011 : le doigt d'honneur d'Emmanuelli à Fillon

Alors que François Fillon intervient devant les députés, Henri Emmanuelli lui adresse un doigt d'honneur. L'image est très brève, mais elle est filmée par les caméras de l'Assemblée. Pourtant, le député socialiste nie tout geste déplacé : "Si ça a pu choquer, j'en suis désolé. (...) Mais je n'ai pas fait de doigt d'honneur au Premier ministre." La semaine suivante, il écopera d'un simple rappel à l'ordre du bureau de l'Assemblée. 

Avant cela, de nombreux précédents...

La liste des incidents ayant éclaté dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale est longue. En juin 2006, le chef du gouvernement, Dominique de Villepin, provoque la colère des socialistes en dénonçant leur "lâcheté". En juillet 2003, les mêmes socialistes quittent l'hémicycle alors que Jacques Chirac refuse de désavouer son Premier ministre, Jean-Pierre Raffarin, qui avait affirmé un peu plus tôt que la France était encore "au purgatoire puisqu'il reste des socialistes"

En juillet 1998, ce sont les députés de droite qui quittent l'hémicycle, après que Lionel Jospin a laissé entendre que la droite n'était "pas favorable" à l'abolition de l'esclavage 150 ans plus tôt. Sans oublier cette image, restée dans les mémoires, de Christine Boutin quittant en pleurs son siège en décembre 1998, après que le Premier ministre, Lionel Jospin, en plein débat sur le Pacs, eut qualifié la députée UDF de "marginale" et d'"outrancière" sur ce sujet.

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