Les policiers dans la rue pour réclamer la "présomption de légitime défense"

Le deuxième syndicat de gardiens de la paix, Alliance, a appelé vendredi à des rassemblements devant les préfectures. Il demande à François Hollande l'instauration de cette disposition. 

Plusieurs dizaines de policiers manifestent entre le commissariat et la cité judiciaire, à Rennes (Ille-et-Vilaine), le 27 avril 2012.
Plusieurs dizaines de policiers manifestent entre le commissariat et la cité judiciaire, à Rennes (Ille-et-Vilaine), le 27 avril 2012. (DAMIEN MEYER / AFP)

Le deuxième syndicat de gardiens de la paix, Alliance, a appelé vendredi 11 mai les policiers à des rassemblements devant les préfectures. Il demande à François Hollande que soit mis en œuvre le "principe de présomption de légitime défense" dans la police. "Ce n'est pas une revendication politique", a ajouté Jean-Claude Delage, secrétaire général d'Alliance.

Cette proposition de "présomption de légitime défense" figurait dans le programme de Marine Le Pen et a été reprise par Nicolas Sarkozy entre les deux tours de la présidentielle. François Hollande n'y était pas favorable.

"Ce n'est pas un permis de tuer mais nous en avons assez que le policier soit présumé coupable" et "mis en examen de manière inacceptable", souligne Jean-Claude Delage, faisant notamment référence à la mise en examen pour homicide volontaire, le 25 avril, d'un gardien de la paix accusé d'avoir tué un malfaiteur en fuite d'une balle dans le dos à Noisy-le-Sec (Seine-Saint-Denis). "C'est une double peine", a-t-il estimé, "il n'y a pas les mêmes droits en France pour les policiers et les voyous".

"Faire pression sur le futur gouvernement"

Jean-Claude Delage s'exprimait peu avant les rassemblements auxquels son syndicat a appelé vendredi midi devant les préfectures. La mise en examen du policier de Noisy-le-Sec avait déjà déclenché une série de manifestations de la profession. 

A Paris, devant la fontaine Saint-Michel, non loin de la préfecture de police (PP) de Paris, ils étaient vendredi 900 policiers venus de Paris et de sa proche banlieue, selon les chiffres de la PP et 2 000 selon les organisateurs, au rang desquels Synergie (2e syndicat d'officiers). A Cergy (Val-d'Oise) ils étaient 200. Et l'on en comptait une centaine devant les préfectures de Rennes, Lyon ou Lille où le responsable local d'Alliance, Benoît Lecomte, a dit : "Nous nous rassemblons pour faire pression sur le futur gouvernement".

A Lyon, les manifestants portaient des pancartes sur lesquelles on pouvait lire : "Flic en 2012 = cercueil ou prison." Alliance appelle par ailleurs le futur gouvernement à l'organisation d'un "Grenelle de la sécurité" intégrant les conditions de travail et les moyens. "Si nous ne sommes pas entendus, nous organiserons d'autres formes de mobilisation."