Le Prix Femina a été décerné au journaliste et romancier Simon Liberati pour "Jayne Mansfield 1967".

Le roman récompensé est une méditation sur le destin de Jayne Mansfield, blonde plantureuse, sex symbol brisé par Hollywood.

Simon Liberati
Simon Liberati (FRANCOIS GUILLOT / AFP)

Le roman récompensé est une méditation sur le destin de Jayne Mansfield, blonde plantureuse, sex symbol brisé par Hollywood.

Le journaliste et romancier Simon Liberati a été choisi au 1er tour par le jury par 9 voix contre 3 à Colette Fellous pour "Un amour de frère". "Ce prix est d'abord pour elle, pour Jayne Mansfield", a dit Simon Liberati, interrogé peu après l'annonce du prix. "Je suis d'abord content pour elle qui a eu une féminité très contestée, beaucoup caricaturée, et qu'elle soit couronnée par un jury de femmes, c'est quelque chose qui me touche beaucoup", a-t-il ajouté.

"De sa vie, on ne se souvient que sa mort"

Jayne Mansfield, qui se voulut star, finit en bimbo trash, avant de mourir sur une route à 34 ans, le crâne broyé. "Ce n'est pas la décadence de Jayne Mansfield qui me plaît, mais son énergie. Elle dénichait toujours l'argent pour assurer un train de vie énorme. Elle me fascine depuis mes 17 ans." "De sa vie, on ne se souvient que de sa mort", dit-il.

Jayne Mansfield s'est tuée dans un accident de voiture le 29 juin 1967, la nuit, sur la route 90 entre Beloxi et La Nouvelle-Orléans. Collision frontale de sa Buick avec un semi-remorque. L'une de ses perruques blondes flottait sur une branche, d'où la légende tenace de sa décapitation. Loin d'une biographie de star, l'écrivain commence son roman par une description clinique de l'accident. Ce n'est qu'après une quarantaine de pages que le lecteur apprend l'identité de la passagère dont le crâne a éclaté contre le pare-brise. "Déchue de son statut de movie star, elle était devenue une gigantesque attraction foraine à la manière de Lola Montès", écrit Simon Liberati dans ce roman sur le crépuscule d'une bombe blonde travestie en pionnière du kitsch.

Né le 12 mai 1960 à Paris, Simon Liberati a notamment collaboré aux magazines FHM et Grazia après des études à la Sorbonne. A 44 ans, il publiait son premier ouvrage, "Anthologie des apparitions", et son troisième roman, " L'hyper Justine", a obtenu le prix de Flore en 2009.

Le Femina étranger est allé à l'Américain Francisco Goldman pour " Dire son nom" et celui de l'essai à Laure Murat pour " L'Homme qui se prenait pour Napoléon".