Le prêtre défenseur des Roms, qui a tenu des propos très durs envers le chef de l'Etat, l'a invité lundi à venir à Lille

Interrogé par l'AFP pour savoir s'il était prêt à rencontrer le ministre de l'Intérieur ou le président, il a répondu "volontiers". Mais il souhaite une rencontre avec les Roms à Lille.Dimanche, fustigeant les mesures envers les Roms, le père Arthur a souhaité que Nicolas Sarkozy ait "une crise cardiaque", avant de regretter ses propos.

Le père Arthur annonce qu\'il rend sa médaille de l\'Ordre National du Mérite, à Lille le 22 août 2010.
Le père Arthur annonce qu'il rend sa médaille de l'Ordre National du Mérite, à Lille le 22 août 2010. (AFP PHOTO PHILIPPE HUGUEN)

Interrogé par l'AFP pour savoir s'il était prêt à rencontrer le ministre de l'Intérieur ou le président, il a répondu "volontiers". Mais il souhaite une rencontre avec les Roms à Lille.

Dimanche, fustigeant les mesures envers les Roms, le père Arthur a souhaité que Nicolas Sarkozy ait "une crise cardiaque", avant de regretter ses propos.

"Je veux qu'ils rencontrent les gens. Je ne vois pas l'intérêt pour moi d'aller là-bas, a dit le père Arthur lundi matin. Ils sont aujourd'hui aux commandes d'une France qui est lourde à porter et peut-être qu'ils ne voient pas la réalité sur le terrain." Le prêtre lillois a souhaité que Nicolas Sarkozy puisse trouver le temps d'un tel déplacement. "Son agenda est bien chargé, mais c'est vite fait de passer un petit moment, d'écouter, de regarder et d'embrasser des petits enfants qui naissent souvent dans des conditions difficiles."

Revenant sur ses propos de dimanche, prononcés devant des journalistes, par lesquels il affirmait "prier" pour que le chef de l'Etat ait "une crise cardiaque", le père Arthur a de nouveau regretté ses mots et présenté ses excuses au chef de l'Etat. "Je regrette très fort ce propos sorti de ma bouche alors que je ne souhaite absolument pas sa mort", a-t-il martelé lundi. "Je n'ai pas l'habitude de parler aux médias et ça s'est vu. Je le prie encore une fois de m'excuser d'avoir eu ces propos. Mes excuses lui sont adressées, j'espère qu'il comprendra... J'en suis sûr."

La colère du père Arthur
Dimanche, le père Arthur, engagé dans la défense des Roms, a annoncé qu'il renvoyait au ministre de l'Intérieur sa médaille de l'Ordre du Mérite. Il s'en est pris violemment au chef de l'Etat devant des journalistes pour dénoncer "la guerre" que subit, selon lui, la communauté Rom. "Il ne me restait plus qu'une dernière balle: la décoration de Chevalier de l'Ordre national du Mérite", a dit le père Arthur Hervet, qui a envoyé dimanche un courrier pour être "radié" de l'Ordre national du Mérite.

"J'ai décidé de renvoyer au ministre de l'Intérieur, la médaille de l'Ordre national du Mérite qu'il m'avait décernée il y a quatre ans, pour protester contre le sort actuellement réservé aux minorités en France, et plus particulièrement aux Roms", avait dit auparavant l'ecclésiastique lillois. "Vu la politique qui est actuellement menée par le gouvernement, je ne peux pas la garder", a-t-il ajouté.

Le père Arthur prie pour que Nicolas Sarkozy ait une crise cardiaque... et "regrette" ses propos
"Je prie, je vous demande pardon, pour que M. Sarkozy ait une crise cardiaque", a déclaré le prêtre, qui avait acheté des tentes, de la nourriture et des vêtements aux Roms de l'agglomération lilloise. "C'est pas bien, j'en suis là, mais priez pour moi", avait-il ajouté. Des propos qu'il a dit ensuite "regretter". "Je ne veux pas sa mort, je veux simplement que Dieu parle à son coeur. Je regrette mes propos", a déclaré le père Arthur à l'AFP, quelques heures après son allocution.

"J'ai trouvé à Lille une situation déplorable pour les Roms et leurs enfants. J'ai essayé, comme dit l'Abbé Pierre, de les aimer et de les aider. Et depuis trois mois, c'est une guerre que cette communauté subit", avait déclaré à la sortie de la messe le père Arthur, pour justifier son geste. Membre de la communauté assomptionniste, le père Arthur Hervet, 71 ans, s'est engagé depuis son arrivée dans la métropole lilloise dans la défense des communautés Roms du Nord et l'amélioration de leurs conditions de vie.

Un autre ecclésiastique dit son émotion
De son côté, l'archevêque d'Aix-en-Provence et d'Arles, Mgr Christophe Dufour, a raconté dimanche dans un communiqué son émotion en tant que témoin du démantèlement d'un camp de Roms, jeudi dernier. "Des caravanes ont été détruites. Je ne mets pas en cause les forces de police qui obéissent aux ordres. Mais je demande le respect des personnes et de leur dignité", écrit-il. "Les discours sécuritaires qui peuvent laisser entendre qu'il y a des populations inférieures sont inacceptables. Ces personnes, citoyens européens, vivent pour la plupart paisiblement ici."

Alors que des hommes d'église, à commencer par , dénoncent la politique menée en France à l'égard des Roms, le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux a estimé ce week-end dans "Le Monde" que la fermeté du gouvernement est soutenue par les Français. Les critiques, assure-t-il, émanent essentiellement du "petit milieu politico-médiatique parisien" et de "la gauche milliardaire".