Le premier président de la Cour des Comptes a critiqué mercredi la règle de non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux

Présentant à la presse un rapport de la Cour sur "les effectifs de l'Etat" de 1980 à 2008, Philippe Séguin n'a pas mâché ses mots."L'Etat se révélant incapable d'analyser les besoins et de programmer ses effectifs en conséquence, sa politique du personnel est dictée principalement par des considérations budgétaires de court terme", a-t-il estimé.

Philippe Seguin, premier président de la Cour des Comptes.
Philippe Seguin, premier président de la Cour des Comptes. (France 2)

Présentant à la presse un rapport de la Cour sur "les effectifs de l'Etat" de 1980 à 2008, Philippe Séguin n'a pas mâché ses mots.

"L'Etat se révélant incapable d'analyser les besoins et de programmer ses effectifs en conséquence, sa politique du personnel est dictée principalement par des considérations budgétaires de court terme", a-t-il estimé.

Point centrale de sa critique, "une démarche purement quantitative", sans évaluer la qualité des missions de service public de la procédure mise en oeuvre par le gouvernement ; une méthode qui profite aux "administrations pléthoriques et sous productives" qui ont moins de mal que les autres à "rendre des effectifs", estime en outre M. Séguin. "On récompense donc les mauvais élèves, ceux qui, au fond de la classe et depuis très longtemps, résistent aux efforts de productivité".

En vertu de cette règle, quelque 34.000 postes seront supprimés dans la fonction publique d'Etat en 2010, sur environ 2,5 millions au total. Cette règle peut certes avoir une vertu, quoique limitée en termes de réduction des dépenses et du déficit, mais la pyramide des âges de la fonction publique est telle qu'elle ne pourra fonctionner à très long terme, estime-t-on à la Cour des Comptes.

En effet, à partir de 2013, le nombre de départs en retraite dans la fonction publique d'Etat devrait tomber à environ 10.000 par an, ce qui reviendrait à une économie de seulement 5.000 postes.