Le père de l'enfant, séquestré et violé par le pédophile récidiviste Francis Evrard, va attaquer en justice l'Etat

Selon Me Emmanuel Riglaire, l'avocat du garçonnet et de son père, l'Etat a commis des "fautes particulièrement graves dans le manque de moyens qu'il donne au fonctionnement de la justice".Le défenseur également dénoncé "le scandale des médecins rémunérés et choisis par l'Etat qui prescrivent du Viagra sans qu'aucun registre ne soit tenu".

Mustapha Kocakurt, le père d\'Enis, répond aux questions des journalistes, le 30 octobre 2009.
Mustapha Kocakurt, le père d'Enis, répond aux questions des journalistes, le 30 octobre 2009. (AFP - Philippe Huguen)

Selon Me Emmanuel Riglaire, l'avocat du garçonnet et de son père, l'Etat a commis des "fautes particulièrement graves dans le manque de moyens qu'il donne au fonctionnement de la justice".

Le défenseur également dénoncé "le scandale des médecins rémunérés et choisis par l'Etat qui prescrivent du Viagra sans qu'aucun registre ne soit tenu".

Les faits
Francis Evrard, 64 ans, a été condamné le 30 octobre 2009 à 30 ans de prison, assortis d'une peine de sûreté de 20 ans, pour avoir enlevé, séquestré et violé par pénétration digitale, en récidive légale, Enis, âgé de 5 ans au moment des faits, à Roubaix le 15 août 2007. Il a fait appel de sa condamnation et devait être rejugé en septembre par la cour d'assises du Pas-de-Calais à Saint-Omer. Mais il a définitivement renoncé à un nouveau procès en se désistant de son appel mercredi.

La justice sur la sellette
L'enquête avait révélé que Francis Evrard s'était vu prescrire du Viagra quelques jours avant sa libération en août 2007. Or une plaquette entamée de ces pilules - qui permettent de lutter contre l'impuissance sexuelle - avait été découverte dans le garage où Enis avait été séquestré et violenté.

La justice a été aussi mise en cause suite à la mise au jour de graves dysfonctionnements dans l'accompagnement et la surveillance de Francis Evrard après sa libération. Le juge d'application des peines (JAP) de Rouen - où Evrard avait indiqué vouloir se rendre à sa sortie - ne lui avait notamment envoyé une première convocation que le 16 août 2007, quelques heures après son arrestation à Roubaix.