Le patron du Raid démis de ses fonctions un an après l'affaire Merah

Amaury de Hauteclocque a été muté à l'Inspection générale de la police nationale, la police des polices. 

Amaury de Hauteclocque, alors patron du Raid, l\'unité d\'élite de la police, le 20 octobre 2012 à Paris.
Amaury de Hauteclocque, alors patron du Raid, l'unité d'élite de la police, le 20 octobre 2012 à Paris. (FRED DUFOUR / AFP)

Il avait dirigé l'assaut sur l'appartement de Mohamed Merah. Le patron du Raid, l'unité d'élite de la police, a quitté ses fonctions, ont annoncé vendredi 12 avril son entourage et le ministre de l'Intérieur. Selon Le Figaro, Amaury de Hauteclocque a été muté "autoritairement" à l'Inspection générale de la police nationale (IGPN), la police des polices, plus connue sous l'appellation "bœuf-carottes". 

"Après six ans à la tête du Raid, il peut légitimement se sentir maltraité" par une telle proposition, a jugé un de ses proches. Cette affectation a été faite "à titre temporaire" et ce départ n'est "absolument pas une sanction" ni "une fin de mission prématurée, répond le ministre de l'Intérieur. C'est le patron du Raid qui est resté le plus longtemps en poste. Il est en poste depuis le 1er novembre 2007, soit cinq ans et demi."

"Si un assaut a été lancé, c'est par Merah"

La gestion du siège de l'appartement de Mohamed Merah, qui a abouti à la mort du tueur au scooter le 22 mars 2012, a parfois été critiquée, y compris par les familles des victimes des tueries. Mais un rapport de l'IGPN, commandé par le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, a épargné le Raid. S'ils regrettent que, juste avant le premier assaut donné à son appartement, Mohamed Merah ait pu en sortir et y revenir sans être repéré, les auteurs du rapport valident en revanche les "choix tactiques" du Raid. 

De son côté, Amaury de Hauteclocque a toujours assuré que ses hommes avaient "donné sa chance jusqu'au bout" à Mohamed Merah. "Si un assaut a été lancé, c'est par Merah", avait-il lancé au lendemain de la mort du tueur, alors que le plan qu'il avait "validé, était un plan de reprise des lieux en sécurité" pour s'assurer du maintien en vie de Merah.

Le successeur de Jean-Michel Fauvergue à la tête du Raid "connaît bien les missions d'intervention, métier de base du Raid", pour avoir été coordinateur des GIPN régionaux (groupes d'intervention de la police nationale). Il a été également en charge de la sécurité d'ambassades de France en Afrique (Bamako, Libreville). Il a travaillé aussi en police judiciaire et a dirigé l'Office central en charge de l'immigration clandestine (Ocriest).