Le passage à l'euro n'a pas fait flamber les prix en France, selon l'Insee

L'inflation en France a seulement augmenté de 1,4% depuis le passage à l'euro, ce qui est inférieur à celle des 15 années précédentes, revèle une étude de l'Insee publiée mercredi.

Des euros en pièces et en billets. (Photo d\'illustration)
Des euros en pièces et en billets. (Photo d'illustration) (MAXPPP)

De 2002 à 2016, les prix à la consommation ont augmenté de 1,4 % en moyenne par an. Cette inflation est inférieure à celle des quinze années précédentes (+ 2,1 % en moyenne entre 1986 et 2001), selon une enquête de l'Insee publiée mercredi 24 mai.

L'illusion du prix de la baguette

Dans cette enquête, l'Insee s'intéresse également à la divergence entre la mesure de l'inflation et la perception qu'en ont eu les ménages depuis le passage du franc à l'euro, en 2002. Selon l'institut, cet écart s’explique, en partie, par le fait qu’ils sont plus sensibles à l’évolution des produits achetés fréquemment, comme la baguette de pain, dont le dernier prix valorisé en France a tendance à plus rester en mémoire que d'autres produits.

"Ainsi pour la baguette, les ménages auraient tendance à comparer son prix actuel (0,87 euro en moyenne) à son dernier prix de 2001, d’en moyenne un peu plus de 4,30 francs (0,66 euro), explique l'Insee. Par nature, cet écart s’amplifie au fil des ans à mesure que la date du passage à l’euro fiduciaire s’éloigne ; un tel ancrage dans le temps n’est susceptible de se produire qu’à l’occasion d’un changement de monnaie."

Si le prix de la baguette a été revalorisé plus fortement lors du basculement vers de nouvelles grilles tarifaires psychologiques, au moment du passage à l'euro, sa hausse depuis quinze ans n'est "pas plus prononcée qu'au cours de la décennie précédant le passage à l'euro". La hausse de 32 % sur le prix de la baguette depuis le passage à l’euro apparaît forte mais elle correspond à une hausse annuelle moyenne de seulement 1,9 % par an, ce qui est un peu plus rapide que l’inflation d’ensemble mais sans rupture par rapport à la décennie précédant le passage à l’euro.

Une inflation aux réalités diverses

De même, les prix moyens des produits de consommation courante ont augmenté en 15 ans (de 40 centimes pour le paquet de café, de 6 centimes pour le paquet de pâtes, de 17 centimes pour le litre de lait UHT, etc.), mais dans son ensemble, le rythme de hausse des prix des produits alimentaires, qui regroupent la plupart de ces produits achetés fréquemment, n’a quasiment pas varié entre la décennie précédant le passage à l’euro (+ 1,6 % en moyenne par an de 1991 à 2001) et les quinze années qui ont suivi (+1,4 % depuis 2002).

Cette inflation, modérée en moyenne depuis 2002, recouvre des réalités différentes. Les prix des services ont crû plus fortement que la moyenne (+2%), mais moins fortement qu'au cours de la décennie précédant le passage à l'euro. Les prix des produits manufacturés ont reculé de 0,1% depuis 2002, alors qu'ils augmentaient nettement au cours de la décennie précédente. Enfin, les prix des médicaments, ainsi que des biens électroménagers n'ont cessé de reculer depuis le passage à l'euro.

Enfin, l'étude de l'Insee rappelle également que les rythmes d’inflation fluctuaient beaucoup plus lors des Trente Glorieuses, au gré des mesures de contrôle et de régulation des prix, alors que la période actuelle se caractérise par de faibles fluctuations d’une année sur l’autre. Le rythme moyen de l'inflation de l’après-guerre au milieu des années 80 était de + 10,1 % par an en moyenne.