Le neveu d'un caïd de la drogue à Marseille criblé de balles

Ce commerçant de 39 ans a été abattu avec un fusil d'assaut alors qu'il rentrait chez lui, mercredi soir.

Sur les lieux de l\'assassinat de Farid Tir, le 11 avril 2012, dans le 3e arrondissement de Marseille (Bouches-du-Rhône).
Sur les lieux de l'assassinat de Farid Tir, le 11 avril 2012, dans le 3e arrondissement de Marseille (Bouches-du-Rhône). (GERARD JULIEN / AFP)

Un nouveau règlement de comptes dans le grand banditisme à Marseille ? Présenté comme le neveu de Saïd Tir, figure du trafic de drogue abattu en avril 2011, un commerçant de 39 ans a été criblé de balles, à deux pas du centre-ville, mercredi 11 avril dans la soirée. "C'est une exécution organisée et réussie manifestement", a estimé Jacques Dallest, procureur de la République de Marseille.

Selon son récit, l'assassinat est survenu vers 20h30. Farid Tir engage alors son véhicule dans un parking souterrain, dans le quartier de Saint-Mauront, dans le 3e arrondissement de Marseille. Il semble rentrer chez lui. "Il a manifestement tenté d'échapper à ses agresseurs en reculant et il a percuté la devanture d'un commerce de l'autre côté de la rue",  explique le magistrat.

Il n'échappe pas aux balles d'un ou de plusieurs fusils d'assaut qui ressemblent "à de la kalachnikov, tirées par un tireur et peut-être un second". L'autopsie pratiquée jeudi devra déterminer si plusieurs armes ont été utilisées. Un "nombre important de projectiles" ont été tirés. La victime a été "très sévèrement atteinte au visage notamment".

Connu des services de police

Sur place, des bâches vertes ont été dressées par les enquêteurs de part et d'autre de la devanture du commerce percuté. Dans la soirée, des proches de la victime, en pleurs, étaient également présents à proximité du lieu de la fusillade où un périmètre avait été mis en place.

La victime n'est pas un inconnu pour les services de police et de justice, à en croire Jacques Dallest. Il a attiré leur attention pour trafic de stupéfiants et d'autres infractions, mais pour des faits "pas forcément très récents", toujours selon le magistrat.

Selon une source proche de l'enquête, Farid Tir était "très défavorablement" connu des services de police et aurait été impliqué dans une vingtaine d'affaires. Il aurait également vécu dans la région lyonnaise.

Un "oncle" influent dans le milieu

Mort à 59 ans, l'"oncle", Saïd Tir, était considéré comme l'un des trafiquants les plus influents des quartiers Nord de Marseille. Il devait être jugé en juillet 2011 pour sa participation à un réseau de trafic de drogue agissant en France, en Espagne, au Maroc et en Algérie. Mais il a été abattu par un commando de trois hommes deux mois avant le début du procès, le 27 avril en plein après-midi, dans les quartiers Nord.

Deux semaines après sa mort, deux hommes ont été assassinés en pleine journée dans le quartier de Saint-Mauront. Plusieurs salves de kalachnikov les ont atteints dans leur voiture. Début juillet, c'est l'un des beaux-frères de Saïd Tir qui est tué alors qu'il circule en voiture dans le centre de Marseille.

Série noire dans les Bouches-du-Rhône

L'enquête a été confiée à la police judiciaire de Marseille, déjà en charge de nombreux règlements de comptes dans la cité phocéenne. Jeudi dernier, un jeune homme de 25 ans a été tué par balles dans la cité Font-Vert (14e arrondissement), située dans les quartiers Nord, par deux hommes à moto qui ont pris la fuite.

En 2011, 20 règlements de comptes ont été recensés dans les Bouches-du-Rhône (29 victimes dont 16 morts), dont 15 à Marseille (23 victimes dont 13 morts), selon la préfecture.