Le ministre du Travail Eric Woerth a affirmé mardi que le bouclier fiscal était une politique totalement assumée

La taxation des hauts revenus envisagée dans le cadre de la réforme des retraites n'est qu'une "exception qui confirme la règle" a-t-il dit sur Europe 1.Fissuré ? Ou entaillé comme l'a dit Jean-François Copé ? Au-delà du débat sémantique sur l'atteinte du bouclier, c'est avant tout le niveau des prélèvements qui est attendu.

Eric Woerth
Eric Woerth (AFP - Bertrand Guay)

La taxation des hauts revenus envisagée dans le cadre de la réforme des retraites n'est qu'une "exception qui confirme la règle" a-t-il dit sur Europe 1.

Fissuré ? Ou entaillé comme l'a dit Jean-François Copé ? Au-delà du débat sémantique sur l'atteinte du bouclier, c'est avant tout le niveau des prélèvements qui est attendu.

Les socialistes redoutent une manoeuvre de diversion. Le porte-parole du parti Benoît Hamon a qualifié de "leurre" destiné à "faire passer la pilule" de l'allongement de la durée des cotisations. Et le président PS de la commission des Finances, Jérôme Cahuzac, craint un "effet d'annonce" pour "faire croire aux Français que l'effort sera équitablement réparti".

Ségolène Royal est sur la même ligne. L'ex-candidate PS à la présidentielle Ségolène Royal a redouté elle aussi "un nouveau tour de passe-passe pour endormir les forces sociales".

Autre sceptique, Jean-Claude Mailly. Le secrétaire général de Force Ouvrière a déclaré lundi redouter que la création de cette contribution ne soit qu'un "symbole" ou une "recette de poche".

Interrogé par les lecteurs du Parisien, le ministre du Travail Eric Woerth a lui indiqué "travailler à la fois sur les revenus financiers des entreprises et sur une cotisation exceptionnelle sur les hauts revenus". "Nous préciserons le moment venu ce que nous entendons par hauts revenus, mais sachez que les classes moyennes seront épargnées", a-t-il ajouté.

"Une chose est sûre, il ne s'agira pas de recettes de poche, mais bien de vraies ressources" et "cela se fera en dehors du bouclier fiscal", a-t-il indiqué en réponse au leader de FO.

Une autre chose semble acquise, le bouclier fiscal ne disparaitra pas. Interrogé sur son éventuelle suspension, M. Woerth a répondu: "Non, bien sûr que non, pourquoi veut-on toujours tout changer ? ". Le bouclier est "une règle stable" et "c'est bien que nous puissions avoir une exception à propos du financement de la solidarité sur les retraites", a encore ajouté le ministre.