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Le ministre de l'Intérieur Claude Guéant n'a "aucune intention de changer la loi" pour interdire la binationalité

Mais il demandera aux préfets d'être "plus vigilants" et "exigeants" sur les "critères" d'obtention de la nationalité française, a-t-il indiqué jeudi. Avant de se rendre à la convention de l'UMP sur l'immigration, il a dit, sur RMC et BFMTV, qu'il entendait lutter "contre les excès du regroupement familial" et les "abus aux prestations sociales".
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Le ministre de l'Intérieur Claude Guéant, le 3 mars 2011, à Paris. (AFP)

Mais il demandera aux préfets d'être "plus vigilants" et "exigeants" sur les "critères" d'obtention de la nationalité française, a-t-il indiqué jeudi. Avant de se rendre à la convention de l'UMP sur l'immigration, il a dit, sur RMC et BFMTV, qu'il entendait lutter "contre les excès du regroupement familial" et les "abus aux prestations sociales".

L'UMP propose de "muscler" la politique de contrôle de l'immigration illégale en France et en Europe mais ne reprend pas une proposition de son aile la plus à droite visant à interdire la binationalité. L'UMP présente jeudi 23 propositions en ce sens, lors d'une de ses conventions destinées à préparer les élections présidentielle et législatives de 2012.

Interrogé sur la binationalité, Claude Guéant a assuré que "le gouvernement n'a aucune intention de changer la loi dans ce domaine". "A mon sens c'est un faux problème parce que les binationaux n'ont pas le choix. Ils sont binationaux du fait des législations des Etats, et la réalité du problème c'est celle des conditions dans lesquelles on entre dans la nationalité française", a déclaré le ministre.

"Epouser le style de vie" et "maîtriser la langue"
La question est de savoir si un postulant à la nationalité française "épouse complètement notre style de vie, s'il a bien intégré nos principes républicains les plus fondamentaux, s'il maîtrise le français. C'est la raison pour laquelle je souhaite rehausser le niveau des exigences à l'égard de ceux qui veulent entrer dans la nationalité", a-t-il expliqué. "Je vais adresser ces jours prochains une circulaire aux préfets pour leur demander d'être vigilants, plus vigilants, plus exigeants, sur les critères de l'assimilation (...) pour entrer dans la nationalité", a-t-il poursuivi.

"Autre exigence: la langue. Aujourd'hui pour entrer dans la nationalité française il suffit de se débrouiller en français. Je vais demander que désormais les postulants à la nationalité française aient un niveau qui soit celui que l'on maîtrise au collège", a ajouté Claude Guéant.

Regroupement familial, "un sujet de préoccupation"
Interrogé sur le regroupement familial, le ministre a estimé que cela "continue à être un sujet de préoccupation": "Il y a des abus, des fraudes, et il convient de lutter contre les excès du regroupement familial". "Il y a aussi un certain nombre d'abus aux prestations sociales", a-t-il estimé, "et je vais lancer à cet égard une mission pour voir comment on pourrait mieux lutter contre ces abus là".

Les objectifs sont, pour 2011 comme pour 2010, de reconduire 28.000 personnes à la frontière, a-t-il rappelé, et la France en est à "14.500 éloignements effectués mois de juin compris". Précisant que "les centres de rétention sont occupés à 26% de leur capacité", il a souligné que "l'objectif n'est pas de mettre les gens en centre de rétention" mais "de les reconduire chez eux". "Depuis 2007, nous avons éloigné 210.000 étrangers", a-t-il souligné.

Selon l'Office français de l'immigration, la France a reçu en 2010 188.780 immigrants légaux, soit 10,6% de plus qu'en 2009, dont 81.100 au titre de l'immigration familiale, 65.840 étudiants, 31.500 immigrants professionnels et 10.340 demandeurs d'asile. L'UMP évalue à 6,7 millions le nombre total d'immigrés en France, soit 11% de la population.

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