Le gouvernement a annoncé vendredi son intention de créer un "groupe de travail interministériel" sur la laïcité

Une annonce faite lors d'une rencontre entre le ministre de l'Intérieur Claude Guéant avec les responsables des principales religions, a indiqué le président du Conseil français du culte musulman (CFCM) Mohammed Moussaoui.

Claude Guéant, mars 2011
Claude Guéant, mars 2011 (AFP. PP. Marcou)

Une annonce faite lors d'une rencontre entre le ministre de l'Intérieur Claude Guéant avec les responsables des principales religions, a indiqué le président du Conseil français du culte musulman (CFCM) Mohammed Moussaoui.

Citant "la volonté des pouvoirs publics de consolider le dialogue entre les cultes et l'Etat", M. Moussaoui a annoncé la création d'"un groupe de travail interministériel et interconfessionnel concernant toutes les question cultuelles".

M. Moussaoui, interrogé par i-Télé, a également mentionné la création d'une "conférence départementale pour les libertés religieuses qui permettrait aux responsables cultuels au niveau de chaque région de discuter avec les élus locaux".

Cette rencontre avait pour objectif de "faire part des décisions du gouvernement après d'une part, le débat qui a été organisé par l'UMP, d'autre part les consultations que j'ai conduites auprès" d'eux, avait expliqué jeudi le ministre.

La plupart des responsables religieux ont exprimé leur hostilité ou leur réserve face au débat sur la laïcité et l'islam organisé le 5 avril par l'UMP, redoutant notamment qu'il stigmatise les musulmans.

Les principales mesures annoncées:
Pour "réaffirmer le principe de neutralité du service public":
- création d'un "groupe de travail interministériel associant les cultes chargé, avant l'été, de clarifier les conditions d'application du principe de neutralité du service public et de proposer les mesures juridiques appropriées".
- rappel des textes pertinents par voie d'instructions ministérielles pour l'organisation du service public (aucun menu religieux dans les cantines publiques, respect absolu de l'organisation du service public hospitalier face à l'expression de demandes religieuses incompatibles).

Pour "mieux faire connaître la laïcité et son application dans la République":
- élaboration d'un code de la laïcité et de la liberté religieuse sous forme d'un recueil rassemblant les grands textes, disponible fin mai.
- formation initiale et continue des fonctionnaires à la laïcité.
- enseignement renforcé (de la laïcité) à l'école, dans le cadre de l'instruction civique.
- désignation d'un réseau de "médiateurs" dans chaque ministère et création de "correspondants laïcité" dans chaque préfecture, relais des élus locaux et des associations cultuelles.
- renforcer la formation républicaine des ministres du culte, notamment imams, et aumôniers.

Pour "garantir et favoriser le libre-exercice du culte":
- création d'une "conférence départementale de la liberté religieuse" rassemblant, sous l'égide des préfets, élus locaux, responsables des services publics représentants des cultes.
- conforter les services d'aumônerie à l'hôpital et en prison.
- rappeler les dispositifs fiscaux existants pour le financement du culte, baux emphytéotiques, garanties d'emprunt, financement des parties culturelles mais aucun financement public possible.
- garantir l'abattage des animaux selon des rites religieux dans le respect des règles de sécurité sanitaire.
- respecter les liturgies de chaque culte, dans le respect de l'ordre public.
- mettre fin aux prières de rue à Paris et à Marseille.