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Le FN peut-il réduire le déficit en s'attaquant à l'immigration?

Des études montrent que l'impact de l'immigration légale sur le budget de l'Etat est neutre, voire positif.

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France Télévisions
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Marine Le Pen, la candidate du Front national à la présidentielle, en meeting à Metz (Moselle), le 11 décembre 2011. (VINCENT KESSLER / REUTERS)

Durcir la politique migratoire pour éponger le déficit budgétaire ? Au-delà de la position idéologique classique du Front national sur ce sujet, Marine Le Pen fait désormais de l'immigration un enjeu économique. Dans le chiffrage de son projet présidentiel, présenté jeudi 12 janvier, la présidente du FN compte ainsi économiser 40,8 milliards d'euros en cinq ans.

Plus de la moitié de ces économies seraient réalisées en supprimant purement et simplement des prestations versées aux immigrés. Marine Le Pen propose par exemple de :
- réserver les allocations familiales aux foyers dont au moins un parent est français ou européen (18 milliards d'euros d'économies escomptées).
- supprimer l'Aide médicale d'Etat, dont bénéficient les étrangers en situation irrégulière (3,5 milliards d'euros d'économies escomptées).
- supprimer le versement de l'Aide spécifique aux personnes âgées (Aspa) pour les étrangers n’ayant pas travaillé et cotisé en France pendant au moins dix ans et pour ceux résidant à l’étranger (1 milliard d'euros d'économies escomptées).

"Les immigrés pèsent sur les comptes publics", affirme le FN

Mais le Front national ne s'arrête pas là. Il soutient également que couper le robinet de l'immigration légale pourrait permettre de faire des économies. "95 % des immigrés entrant sur le territoire n'ont pas de contrat de travail lorsqu'ils arrivent en France. Entre les aides sociales, les allocations familiales, les prestations chômage ou retraite, cela pèse sur les comptes publics", plaide Nicolas Bay, le conseiller immigration de Marine Le Pen. D'où la proposition de faire passer le nombre d'entrants de 200 000 à 10 000 chaque année.

Mais combien les immigrés coûtent-ils réellement à l'Etat ? "[En 2005], par rapport aux autochtones, ils sont environ 1,6 fois plus nombreux à recevoir des allocations chômage, 3,8 fois plus représentés parmi les bénéficiaires du RMI et en moyenne 2,5 fois plus dépendants des aides au logement", observe Xavier Chojnicki, maître de conférences à l'université Lille-II et coauteur d'un rapport pour le ministère du Travail (fichier PDF).

Un chiffre "clairement infondé"

Mais à l'inverse, souligne le chercheur, les immigrés profitent beaucoup moins que les Français des prestations de santé et des pensions de retraite. Or, comme les Français, ils s'acquittent aussi des cotisations et participent ainsi au financement de la protection sociale.

En travaillant sur les données de l'année 2005, Xavier Chojnicki a ainsi estimé qu'au total, leur contribution au budget de l'Etat est positive de près de 4 milliards d'euros, "même s'il faut rester très prudent avec un tel chiffrage".

Plus généralement, le chercheur se montre très critique sur le chiffre global de 40,8 milliards d'euros d'économies avancé par Marine Le Pen : "Ce chiffre est clairement infondé au vu de toutes les études économiques, françaises ou étrangères, portant sur l’évaluation de la contribution nette des migrants au budget de l’Etat."

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