Cet article date de plus d'onze ans.

Le débat sur la bioéthique a donné lieu mardi soir à un début de polémique à cause de propos tenus en commission

Une pleine page de publicité "pour dénoncer l'eugénisme à l'encontre des personnes trisomiques 21" a été publiée mardi dans Le Figaro et Les Echos, à l'initiative de plusieurs associations, dont la Fondation Jérôme Lejeune et le Collectif des Amis d'Eleonore.
Article rédigé par
France Télévisions
Publié
Temps de lecture : 2 min.
  (AFP PHOTO JOEL SAGET)

Une pleine page de publicité "pour dénoncer l'eugénisme à l'encontre des personnes trisomiques 21" a été publiée mardi dans Le Figaro et Les Echos, à l'initiative de plusieurs associations, dont la Fondation Jérôme Lejeune et le Collectif des Amis d'Eleonore.

Elle reprend une phrase attribuée au député socialiste Olivier Dussopt : "96% d'entre nous sont éliminés à l'issue du dépistage massif de la trisomie 21 est repérée se terminent par une interruption de grossesse, la vraie question que je me pose c'est pourquoi il en reste 4%".

Intervenant dans le débat de bioéthique, Hervé Mariton (UMP) a également évoqué des propos tenus dans l'après-midi en commission par le socialiste Jean-Louis Touraine. "On a vu lors de l'intervention de notre collègue Dussopt, lors de l'intervention encore aujourd'hui d'un de nos collègues, que l'approche de certains est une approche qui va très vite et quasiment automatiquement du diagnostic à l'avortement", a-t-il déclaré.

"On sort leurs déclarations de leur contexte", s'est insurgé Jean Yves Le Déaut (SRC) lors d'un rappel au règlement. "Ce qu'ils ont dit c'est qu'effectivement chaque famille est libre de procéder ou non à une interruption volontaire de grossesse dans ce pays", a-t-il affirmé.

Levée partielle de l'anonymat pour les dons de gamètes ?
Le projet de révision de lois sur la bioéthique est amputé de sa mesure-phare, la levée partielle de l'anonymat pour les dons de gamètes, et qui maintient le statu quo concernant la recherche sur l'embryon.

Comme toujours sur ces sujets, qui mêlent vie, mort, naissance, science et conscience, les débats risquent d'être enflammés et de transcender les clivages politiques traditionnels.

La levée de l'anonymat pour les dons de gamète, inscrite dans le projet de loi présenté en Conseil des ministres par Roselyne Bachelot lorsqu'elle était ministre de la Santé, ne sera pas défendue par son successeur Xavier Bertrand.

Si Mme Bachelot continue de plaider en faveur d'une levée partielle de l'anonymat, le débat a bien été tranché en commission à l'Assemblée. Le rapporteur UMP du projet de loi, Jean Leonetti, a fait notamment valoir que "l'anonymat et la gratuité doivent rester à la base du don" et mis en avant le fait que la levée de l'anonymat fonctionnait mal en Suède.

Embryon et cellules souches
La majorité veut aussi s'en tenir au statu quo en matière de recherche sur l'embryon et les cellules souche: l'interdiction reste le principe et les dérogations l'exception, au grand dam de certains chercheurs. "D'un point de vue juridique et même intellectuel, c'est d'une totale absurdité", bondit le généticien Axel Kahn.

Le député PS Alain Claeys défend un régime d'autorisation pure et simple, dès lors que "l'encadrement est satisfaisant".D'autres mesures pourraient aussi être âprement débattues dans l'hémicycle: le don d'ovocytes ouvert aux femmes qui n'ont pas d'enfant, la vitrification (congélation lente et plus performante des ovocytes) mais plus encore le transfert d'embryon post-mortem, auquel la commission a donné son feu vert.

Une possibilité, très encadrée, à laquelle s'oppose M. Bertrand afin, a-t-il déclaré à l'hebdomadaire chrétien La Vie, de ne pas "faire naître un enfant sans père". Pour sa collègue Valérie Pécresse (Recherche), le texte dans son ensemble est "une loi prudente" qui respecte les "principes français". Le vote du projet de loi, examiné en première lecture, est programmé le 15 février.

Prolongez votre lecture autour de ce sujet

tout l'univers France

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.