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Le calme prévalait samedi à La Villeneuve après les obsèques du braqueur tué par la police le 16 juillet

Sa mort avait déclenché trois nuits de violences urbaines lors desquelles des policiers avaient été la cible de tirs à balles réelles.Le parquet de Grenoble a ouvert vendredi une information judiciaire dans le cadre du braquage du casino d'Uriage-les-Bains, où Karim Boudouda avait été tué après un échange de tirs avec les hommes de la Bac.
Article rédigé par France2.fr avec AFP
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A Grenoble, le quartier de la Villeneuve est sous haute surveillance depuis les violences (18 juillet 2010) (F2)

Sa mort avait déclenché trois nuits de violences urbaines lors desquelles des policiers avaient été la cible de tirs à balles réelles.

Le parquet de Grenoble a ouvert vendredi une information judiciaire dans le cadre du braquage du casino d'Uriage-les-Bains, où Karim Boudouda avait été tué après un échange de tirs avec les hommes de la Bac.

Ses obsèques étaient prévues mercredi mais les délais n'ont pu être tenus en raison de problèmes administratifs.

Divers appels au calme ont été lancés par l'entourage de Karim Boudouda. En outre, un imam s'est exprimer sur les violences qui ont secoué le quartier.

La préfecture de l'Isère a planché mardi sur la sécurité: des élus, les services de l'Etat et des représentants d'associations ont participé à un "Grenelle de la sécurité", évoquant la nécessité "d'efforts communs pour lutter contre" l'exclusion.

La réunion sur la sécurité a évoqué des pistes d'action à mener: une accélération "des programmes de rénovation urbaine", notamment à la Villeneuve, un équipement du quartier en dispositifs de vidéoprotection et la mise en place d'un inspecteur du fisc à Grenoble pour renforcer la lutte contre l'économie souterraine.

Face à la vague de violence qui a touché l'agglomération grenobloise, le secrétaire départemental du syndicat SGP-FO Daniel Chomette avait réclamé des effectifs supplémentaires, affirmant que la police avait "atteint un seuil de rupture".

Brice Hortefeux veut "rétablir l'ordre"
Le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux s'etait rendu samedi à Grenoble où il a rencontré des policiers et des habitants. Au cours de sa visite éclair, le ministre a déclaré qu'il souhaitait "rétablir l'ordre public et l'autorité de l'Etat" au plus vite et par "tous les moyens" à Grenoble.

A son arrivée, le ministre a rencontré la directrice départementale de la sécurité publique et le préfet dans l'hôtel de police de la ville, avant de se rendre dans la cour pour y observer les véhicules pris pour cible. "C'est impressionnant", a seulement déclaré le ministre, qui a remercié les CRS présents.

La comagne du braqueur a porté plainte
La compagne de Karim Boudouda a déposé plainte contre X au parquet du Tribunal de grande instance de Grenoble mercredi pour éclairer les circonstances de la mort de son concubin. Le parquet de Grenoble a confirmé avoir reçu cette plainte mais a précisé qu'il attendrait les résultats de l'enquête confiée à l'Inspection générale de la police nationale avant de se prononcer sur son éventuelle recevabilité. L'IGPN est chargée d'éclaircir les circonstances qui ont amené les policiers de la BAC à faire usage de leur arme après que Karim Boudouda a ouvert le feu en premier sur eux.

Saliya Boudouda, la mère du jeune braqueur dont la mort est à l'origine de violences urbaines à Grenoble, avait déjà annoncé dimanche son intention de porter plainte pour éclaircir les circonstances de la mort de son fils Karim. "Ils ont déconné les flics, ils ont déconné. Je vais voir le procureur et je vais porter plainte. Ca va aller très loin", a déclaré la quinquagénaire.

Par ailleurs, Mme Boudouda, qui avait lancé dans Le Dauphiné Libéré un appel au calme après les violences déclenchées par des jeunes pour répondre à la mort de son fils, s'est félicitée de la relative tranquillité dans le quartier de la Villeneuve où elle habite.

La mort du braqueur à l'origine des violences
Karim Boudouda
, 27 ans, a été tué dans la nuit de jeudi à vendredi lors d'une course-poursuite alors qu'il venait de se faire remettre, sous la menace d'armes lourdes, la caisse du casino d'Uriage-les-Bains. Son complice est toujours en fuite.

La course-poursuite avait pris fin dans le quartier de la Villeneuve. Les deux hommes ont "ouvert le feu à au moins trois reprises vers les policiers", selon le procureur de la République de Grenoble, Jean Philippe. "Les policiers de la BAC ont alors riposté", touchant Karim Boudouda à la tête, a-t-il précisé, évoquant la "légitime défense". Les jeunes de la Villeneuve contestent cette version et crient vengeance.

Les policiers ont retrouvé une partie, voire la totalité du butin, dans un sac à l'arrière du véhicule des malfaiteurs.

Il s'agit du troisième braquage de casino dans la région depuis plusieurs mois, après celui de Bâle (Suisse) le 28 mars et celui du Pharaon à Lyon le 4 avril.

La mort de Karim Boudouda avait été à l'origine de violences traduites par des dizaines de voitures et de commerces incendiés. Un important dispositif policier, dont la présence des membres du raid et du GIGN, avait été mis en place à La Villeneuve.

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