Laurent Fabius s'est prononcé vendredi pour une baisse progressive de la part du nucléaire en France

On ne "peut pas faire une confiance aveugle" à cette énergie, a estimé l'ex-Premier ministre socialiste, interrogé sur Europe 1 sur la catastrophe nucléaire au Japon.Alors que le PS est traditionnellement favorable au nucléaire, les événements au Japon suscitent un débat au sein du parti.

Laurent Fabius
Laurent Fabius (AFP / Eric Piermont)

On ne "peut pas faire une confiance aveugle" à cette énergie, a estimé l'ex-Premier ministre socialiste, interrogé sur Europe 1 sur la catastrophe nucléaire au Japon.

Alors que le PS est traditionnellement favorable au nucléaire, les événements au Japon suscitent un débat au sein du parti.

"On ne peut pas faire une confiance aveugle au nucléaire, on ne peut pas du jour au lendemain passer du nucléaire à l'absence de nucléaire mais il faut une baisse progressive", a déclaré Laurent Fabius.

Il a prôné en premier lieu "un réexamen général de l'état de toutes nos centrales et des conditions de sécurité, ce qui devrait conduire en particulier pour Fessenheim à aller vers la fermeture".

"A plus long terme", a-t-il poursuivi, "il faut une baisse progressive de la part du nucléaire et un développement des énergies renouvelables", estime le député de Seine-Maritime.

Estimant que "toutes les catastrophes nucléaires sont des catastrophes mondiales, il a également jugé nécessaire, après la catastrophe au Japon, un "contrôle mondial du nucléaire". Il a proposé que la France prenne une initiative en ce sens dans le cadre du G20.

Des dissensions au PS sur le nucléaire ?
La députée et secrétaire nationale du PS à l'Energie, Aurélie Filippetti, a déploré mercredi "une vision dépassée" de son parti sur le "risque nucléaire". Elle a appelé ses "amis socialistes à une prise de conscience".

La veille, un bureau national de la direction du PS avait donné la ligne officielle dans le débat provoqué par la catastrophe japonaise : il demande un audit approfondi et exhaustif du parc nucléaire français, avec une priorité absolue à la sécurité, et se prononce pour un rééquilibrage au profit des énergies renouvelables.

Mais selon Aurélie Filippetti, le bureau national a reculé, notamment par rapport à une proposition de moratoire sur les nouvelles installations nucléaires effectuée la veille par le président du groupe PS à l'Assemblée Jean-Marc Ayrault.

Le groupe des députés PS à l'Assemblée nationale est revenu sur le sujet mercredi en réclamant, sans mentionner un moratoire, "l'arrêt de tout projet d'augmentation de la capacité nucléaire en France".