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Laurence Parisot, histoire d'un échec en trois actes

Le conseil exécutif du Medef s'est prononcé, jeudi, contre un changement des statuts du syndicat patronal, qui aurait permis à sa présidente de briguer un troisième mandat en juillet prochain.

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Laurence Parisot lors du congrès national de la Jeune chambre économique française, le 4 octobre 2012, à Tours (Indre-et-Loire). (ALAIN JOCARD / AFP)

Elle y croyait, mais elle devra finalement renoncer à ses ambitions. Laurence Parisot, présidente du Medef depuis huit ans, quittera la tête de l'organisation patronale au début de l'été. Le conseil exécutif du syndicat s'est en effet prononcé, jeudi 28 mars, contre un changement de ses statuts, qui aurait permis à sa dirigeante de briguer un troisième mandat. Retour en trois actes sur les moments forts qui ont conduit à cet échec.

Acte 1 : Parisot demande une modification des statuts 

Le 11 janvier, Laurence Parisot a toutes les raisons de se réjouir. Après des mois de négociations, le Medef vient de conclure un accord sur l’emploi avec la CFDT, la CFE-CGC et la CFTC. Voilà qui aurait pu couronner la fin du mandat de la patronne des patrons, qui arrive à terme en juillet. Mais, quatre jours plus tard, on apprend que Laurence Parisot a saisi les instances du Medef afin d’en modifier les statuts, qui limitent à deux le nombre de mandats pour une même personne.

La nouvelle suscite d'emblée le courroux de ses adversaires. Jean-Claude Volot, candidat déclaré à la présidence du syndicat, dénonce un "coup d’Etat" dans les colonnes du Parisien, et affirme à l’AFP que Laurence Parisot a "calculé son coup depuis longtemps" en se calant "sur le calendrier des négociations sur l'emploi". "Une heure après l'accord, elle a lancé ses lettres pour nous prévenir", dénonce-t-il.

Acte 2 : elle dénonce les "coups bas" de ses adversaires

Après avoir longtemps laissé planer le doute, Laurence Parisot annonce qu’elle sera candidate à sa propre succession en cas de modification des statuts du Medef, dans un entretien au Monde daté du 2 mars. "Le tam-tam selon lequel je serais une putschiste, ou classable dans la même catégorie que Monsieur Poutine, procède d'une intention destructrice que je ne peux pas laisser se développer plus longtemps", assène-t-elle.

Mais la campagne anti-Parisot est bel et bien en marche au sein du Medef. La présidente devient l'objet de railleries anonymes sur internet. Une vidéo parodique du film allemand La Chute va jusqu'à la comparer à Hitler. Lassée, elle dénonce ces "coups bas" sur Europe 1.

Acte 3 : des défections en chaîne

Au fil des semaines, la patronne du Medef, pourtant populaire au départ, voit ses soutiens s’éloigner. Le 6 mars, l’un de ses proches, Robert Leblanc, président du comité d'éthique du Medef, démissionne. Le 21 mars, la plus importante fédération du Medef, l'Union des industries et des métiers de la métallurgie (UIMM), annonce qu’elle s’oppose à la modification des statuts. Dans le même temps, un autre de ses proches, Charles Beigbeder, membre du conseil exécutif du Medef, annonce qu'il votera contre le changement de statuts, jugeant cette mesure "injuste". Une défection qui a fait la différence, jeudi 28 mars, l'instance ayant rejeté cette modification à une voix près.

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