La princesse Hélène de Yougoslavie assure avoir assisté à des transports d'argent en espèces.

Témoin-clef d'une affaire de corruption présumée lors de la présidentielle de 1995, l'épouse de l'ex-conseiller de Nicolas Sarkozy, a dit sur Europe 1 avoir vu son mari ramener de l'argent en espèces après des voyages en Suisse en compagnie de Ziad Takieddine, autre suspect du dossier.

La princesse Hélène de Yougoslavie, le 26 janvier 2006 à Paris.
La princesse Hélène de Yougoslavie, le 26 janvier 2006 à Paris. (PASCAL LE SEGRETAIN / GETTY IMAGES EUROPE / AFP)

Témoin-clef d'une affaire de corruption présumée lors de la présidentielle de 1995, l'épouse de l'ex-conseiller de Nicolas Sarkozy, a dit sur Europe 1 avoir vu son mari ramener de l'argent en espèces après des voyages en Suisse en compagnie de Ziad Takieddine, autre suspect du dossier.

"Je confirme ce que j'ai dit pour les voyages de mon mari, surtout à l'étranger et son retour avec des sacoches. Il y avait de l'argent mais je ne sais pas d'où l'argent venait", a-t-elle dit.

Thierry Gaubert et Ziad Takieddine, que l'enquête a identifié comme un intermédiaire sur des contrats d'armement, allaient à Genève et Londres avant de revenir à Paris, a-t-elle ajouté.


Son mari lui disait qu'il remettait l'argent à Nicolas Bazire, alors directeur de cabinet d'Edouard Balladur à Matignon et directeur de sa campagne présidentielle. "Je ne l'ai pas vu venir chez moi mais c'est ce que mon mari me disait", a-t-elle dit.


Interrogée pendant neuf heures le 8 septembre par la police judiciaire, elle conteste avoir fait ces déclarations dans le cadre d'un conflit avec son mari avec lequel elle est en instance de divorce. "Depuis que j'ai fait ces déclarations, j'ai peur, j'ai de la pression, je ne suis pas très tranquille".


Sur Le Monde.fr, elle fait état de menaces émanant de son mari. "Il m'a dit: 'Si tu parles, tu ne verras plus les enfants. Si je coule, tu coules avec moi, car nous ne sommes pas divorcés'. Il ne fallait absolument pas que je parle des comptes à l'étranger et des remises d'argent."

Takieddine, Gaubert et Bazire sont tous trois mis en examen dans cette affaire. Ces deux derniers sont des proches de Nicolas Sarkozy, qui était porte-parole de la campagne d'Edouard Balladur et ministre du Budget à cette époque.

Elle pourrait avoir un lien avec l'attentat de Karachi, au Pakistan, qui a tué en 2002 onze Français qui travaillaient sur ce marché d'armement.


Dans le dossier principal, le juge Renaud Van Ruymbeke suit la piste d'un possible retour en France en espèces de commissions sur deux importants marchés d'armement au Pakistan et en Arabie Saoudite.


Selon une des hypothèses, l'arrêt de certains paiements par Jacques Chirac après son élection contre Edouard Balladur en 1995 serait une cause de l'attentat de Karachi.


L'ex-ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux est visé depuis vendredi par une enquête préliminaire pour avoir été informé de la déposition d'Hélène de Yougoslavie six jours après son passage à la police, et en avoir averti Thierry Gaubert. Il s'agit d'une possible violation du secret professionnel par la police.