La première secrétaire du PS Martine Aubry s'est dite dimanche ouverte à un compromis sur l'âge plancher de la retraite

Elle s'est dite ouverte à un débat "si le président de la République est prêt à travailler véritablement sur la base de principes justes" et envisage le report de l'âge de la retraite à 61 ou 62 ans sous conditions.Olivier Besancenot, porte-parole du NPA, a qualifié ces propos de "très mauvaise nouvelle" et Jean-Luc Mélenchon de "capitulation".

Martine Aubry, première secrétaire du PS
Martine Aubry, première secrétaire du PS (France 2)

Elle s'est dite ouverte à un débat "si le président de la République est prêt à travailler véritablement sur la base de principes justes" et envisage le report de l'âge de la retraite à 61 ou 62 ans sous conditions.

Olivier Besancenot, porte-parole du NPA, a qualifié ces propos de "très mauvaise nouvelle" et Jean-Luc Mélenchon de "capitulation".

Mais pour le Parti socialiste, il s'agit avant tout d'éviter un passage en force du gouvernement sur un sujet majeur. Le seul dogme pour le PS est le maintien du "système de retraite par répartition", comme l'a réitéré la maire de Lille, alors que la présidente du Medef, Laurence Parisot, jugeait possible lundi l'instauration parallèle de systèmes par capitalisation.

Si Mme Aubry estime que le départ à la retraite peut aller jusqu'à "61 ou 62 ans" - "Je n'imagine pas pas qu'on aille plus loin", dit-elle -, ce ne peut être qu'"à condition qu'on traite le problème de la pénibilité et le problème de l'activité des seniors".

L'ancien Premier ministre Michel Rocard a salué "le courage" de son "amie et camarade Martine Aubry ".

Estimant que l'âge légal n'existe plus dans les faits, Mme Aubry a souhaité, lors du Bureau national du PS mardi soir, qu'"on puisse partir avant 60 ans quand on a commencé à 14 ou 15 ans" et à 61 ans "quand on a commencé à 21 ans". Elle propose aussi la mise à contribution des revenus du capital, pour financer les retraites.

Mais au siège du parti, rue de Solférino, le sujet n'est pas mûr. "Il n'y a pas encore de position officielle du PS, nous y travaillons", a affirmé à l'AFP la députée d'Indre-et-Loire, Marisol Touraine, secrétaire nationale chargée du dossier des retraites. Mais, a-t-elle ajouté , "il n'y a pas de tabou: ni sur l'âge de la retraite, ni sur la durée des cotisations, tout est sur la table".

Quoi qu'il en soit, le débat au PS risque d'être houleux, car l'aile gauche du parti reste arc-boutée sur les 60 ans.

"Une très mauvaise nouvelle" selon Olivier Besancenot
Olivier Besancenot, porte-parole du NPA, a qualifié mercredi de "très mauvaise nouvelle" les propos de Martine Aubry sur le report de l'âge de la retraite à 61 ou 62 ans sous conditions, car la "bataille sociale" sur le sujet n'a même pas commencé. "C'est une très mauvaise nouvelle qu'avant même que la bataille sociale ait lieu, le Parti socialiste commence la campagne des régionales en disant 'on est déjà prêt à trouver un accord, il faudra travailler plus longtemps'. C'est une réponse libérale", a déploré la tête de liste du NPA en Ile-de-France.

Le député PS, Pierre Moscovici, a affirmé mercredi soir que la retraite à 60 ans doit rester "un droit, la règle". Même son de cloche pour le député PS, Henri Emmanuelli, qui estime que la retraite à 60 ans est "une conquête sociale majeure". "Pour revenir là-dessus, il faudrait vraiment qu'on soit dans une situation catastrophique, ce qui n'est pas le cas", a-t-il ajouté. Henri Emmanuelli va même plus loin puisqu'il estime que l'"on essaie de fabriquer une zizanie parce que le pouvoir est en difficulté" et ce à quelques semaines des élections régionales.

Enfin, le président du Parti de gauche Jean-Luc Mélenchon a qualifié de "capitulation" la proposition de Martine Aubry.